Invité de La Grande Librairie sur France 5, Thomas Pesquet a profité de sa carte blanche pour appeler les hommes à agir « pour que la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre ».
#notallmen ? Pas tous les hommes ? En 2 minutes 18, l’astronaute Thomas Pesquet, invité de La Grande Librairie sur France 5 mercredi 27 mai, a appelé les hommes à agir pour que « la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre ». Parce que « ça ne suffit plus d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple »
Alors qu’il était invité pour parler de la bande dessinée de Marion Montaigne « Dans la combi de Thomas Pesquet » l’ingénieur a profité de la carte blanche qui lui était offerte en fin d’émission pour aborder la question : « Le sujet dont j’aimerais parler aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec l’espace et malheureusement, il a encore moins à voir avec l’humour. »
« Les violences faites aux femmes, c’est un problème d’hommes », a-t-il lancé. « Toutes ont une histoire, ou plusieurs, à raconter. Si autour de vous, messieurs, elles ne vous en ont pas encore parlé, c’est qu’elles ne vous font pas assez confiance, qu’elles craignent votre réaction, et c’est votre faute »
Lui, a écouté les femmes « amies, collègues, épouse » et il a vu « qu’elles étaient toutes touchées à des degrés divers, du harcèlement dans le cadre du travail, aux insultes à caractère sexuel, en passant par les attouchements non consentis dans les lieux publics, les violences gynécologiques, les abus inacceptables dans un cadre médical, ou les violences sexuelles dans le couple.»
« Ça ne suffit pas d’être un homme bien pour soi-même»
Il interpelle les hommes qui ne se sentent pas concernés : « Ça ne suffit pas d’être un homme bien pour soi-même ou dans son couple, ça ne suffit plus ».
Et les invite à agir : « Qu’est-ce qu’on peut faire, nous, les hommes, pour changer quelque chose ? Il faut d’abord les écouter et les croire. Les femmes ont souvent tout à perdre à parler de ce qu’elles ont subi »
Alors les hommes doivent « sécuriser l’espace public, le travail », cela passe par des « micro-actes de tous les jours » : « en n’acceptant pas les blagues sexistes, dans le métro, en n’étant pas silencieux dans un groupe d’hommes, quand un des membres dépasse les limites, même un ami, même un supérieur » dit -t-il.
Thomas Pesquet surligne son propos : ce n’est pas parce qu’on « n’a rien dit soi-même qu’on n’a pas créé de l’insécurité ». Si dénoncer des agressions subies par les femmes fait craindre aux hommes de « casser l’ambiance » l’astronaute met les hommes devant la réalité : « c’est un très petit prix à payer, et juste le début d’un commencement, pour que la moitié de l’humanité cesse d’avoir peur de l’autre ».
Son message contredisant avec finesse la rhétorique du #notallmen, a été largement relayé, sur les réseaux sociaux.
Voir la video sur France 5 ou ci dessous :
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