Elles Bougent au cinéma. Pour lutter contre les stéréotypes qui limitent l’horizon des filles, l’association diffuse la bande annonce d’un film qu’il faut cesser de réécrire.
Si vous êtes allés au cinéma ces derniers jours, vous avez sans doute vu la bande-annonce de «L’incroyable réalité de Léa ». À 12 ans, Léa connaît les avions par cœur, lève les yeux vers le ciel dès qu’un appareil traverse les nuages et se rêve déjà ingénieure en aéronautique. Mais lorsqu’elle partage sa passion, les regards se font dubitatifs, le ton change, les encouragements s’étiolent et le doute s’installe. Léa découvre que le plus difficile n’est peut-être pas d’apprendre à concevoir des avions, mais d’affronter les préjugés qui bloquent les ambitions des filles. Le film se conclut ainsi : « Ce film n’est pas une fiction, c’est la réalité. »
La campagne est signée par l’agence créative Humanfish Paris, spécialisée dans les cultures et marques « Gen Z ». Dévoilée le 21 octobre 2026 au Grand Rex à Paris, la fausse bande-annonce a été diffusée du 21 au 30 octobre sur 250 écrans de cinémas de Paris, Lyon, Toulouse, Marseille et Nice. La campagne bénéficie également d’une diffusion télévisée sur France Télévisions et TF1, d’un affichage dans les gares parisiennes, d’une présence sur AlloCiné et SensCritique, ainsi que de relais sur les réseaux sociaux et auprès de créatrices et créateurs de contenu spécialisés dans le cinéma.
Pourquoi une fausse bande-annonce ? « Ce film n’existe pas. Cette réalité, si », explique Elles bougent. L’association le dénonce depuis 20 ans : les stéréotypes de genre se construisent dès l’enfance, à travers de simples mots, des réactions ou des attentes dont l’entourage n’a même pas conscience, et peuvent progressivement amener les filles à écarter certaines ambitions avant même d’avoir eu l’occasion de les explorer.
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Le film bande-annonce doit capter l’attention du grand public pour mieux le confronter à la dureté des faits. Car si l’histoire de Léa est une fiction, ce qu’elle dépeint touche la majorité des filles.
« Ce sujet me touche particulièrement car j’ai moi-même été confrontée aux stéréotypes de genre, au moment de mon orientation et plus tard dans ma vie professionnelle », explique Sarah Jacquier, réalisatrice de la bande annonce. « Ce sont souvent des réflexions qui peuvent sembler anodines, mais qui influencent nos choix et la manière dont on se projette. Avec ce film, j’avais envie de montrer comment, dès l’enfance, quelques mots ou réactions peuvent suffire à faire naître le doute là où il y avait simplement un rêve. »
Des chiffres toujours aussi tenaces
Aujourd’hui encore, une femme sur deux déclare avoir été influencée par les stéréotypes de sexe dans ses choix d’orientation selon OpinionWay / L’Étudiant. Une censure sociale intériorisée dès le plus jeune âge qui se traduit très concrètement sur le marché du travail : les femmes ne représentent toujours que 24 % des ingénieur·es et à peine 15 % des technicien·nes en France.
Alors que l’orientation scolaire reste fortement marquée par la division sexuée des rôles, l’absence d’une campagne nationale d’envergure portée par les pouvoirs publics a poussé l’association Elles bougent, engagée depuis 20 ans pour renforcer la mixité dans les métiers scientifiques et technologiques, à prendre l’initiative sur ses propres deniers.
« Je fais moi-même carrière dans un univers technique : je sais ô combien il est fondamental que les filles se sentent naturellement légitimes d’y trouver leur place. Cette conviction se construit dès l’enfance », rappelle Valérie Brusseau, présidente d’Elles bougent. « Avec cette campagne, nous voulons faire bouger les représentations. Le changement ne pourra s’opérer durablement qu’avec la mobilisation de toutes et tous. »
De la prise de conscience à l’action quotidienne
Outre a dénonciation des stéréotypes , la campagne de Elles bougent propose un volet très concret pour accompagner les parents, le corps enseignant et l’entourage des jeunes filles.
À l’issue de la fausse bande-annonce, les spectateur·rices sont invité·es à consulter des ressources et conseils pratiques pour éviter d’enfermer les enfants dans des schémas stéréotypés. En quatre points. Questionner ses propres biais implicites. Diversifier les modèles féminins inspirants (rôles modèles). Valoriser la curiosité scientifique dès le primaire. Encourager les filles à explorer des filières techniques sans leur faire intégrer de doute illégitime.
Car si construire des avions demande des compétences pointues, permettre à une fille d’en rêver sans entrave ne nécessite qu’une chose : faire sauter les verrous culturels qui pèsent encore sur leur avenir.
Version 1’20 :
- 30 secondes : https://youtu.be/0_LCHR9vJ_M
- 60 secondes : https://youtu.be/I85HiT9edIQ

