Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Égalité femmes/hommes : « progrès insuffisants » pour l’OCDE

Égalité femmes/hommes : « progrès insuffisants » pour l’OCDE

par Arnaud Bihel

Couverture © dessinée par Adeline Marchal.

L’OCDE dresse un tableau des inégalités femmes/hommes qui « persistent ». Et pointe du doigt deux maux français : les inégalités sociales dans l’accès à la garde d’enfants, et l’inefficacité de la réforme du congé parental.

 

« Inégalités hommes-femmes. Il est temps d’agir » : l’OCDE lançait cet avertissement à la fin de l’année 2012, pour son premier grand travail consacré à la question. Cinq ans après, l’organisation économique a opté pour une terminologie plus féministe, évoquant l’égalité « femmes-hommes ». Mais l’action pour cette égalité reste « un combat difficile », selon le titre d’un nouveau rapport dévoilé mercredi 4 octobre, à l’occasion du Women’s Forum qui ouvre ses portes à Paris.

La grande majorité des 35 pays développés qui composent l’OCDE ont pris, ces dernières années, de nombreuses mesures « prometteuses »… salue l’organisation économique. Par exemple, depuis 2013, deux tiers des pays de l’OCDE environ ont adopté des mesures en faveur de la transparence salariale, afin de remédier aux inégalités en matière de rémunération. Mais « les progrès accomplis jusqu’à présent restent insuffisants », avertit le rapport. « Sur le terrain, la situation n’a pas beaucoup évolué et les inégalités femmes/hommes persistent en matière d’éducation, sur le plan social et dans la sphère économique et politique. Il faut y remédier de toute urgence. »

En matière d’égalité professionnelle, ce constat sans appel : « Tant que les longues heures de travail effectuées par les hommes seront interprétées comme un signe de leur ambition professionnelle, et que les femmes seront plus nombreuses à prendre un congé pour s’occuper de leurs enfants ou de membres de leur famille, certains employeurs seront plus réticents à recruter des femmes. »

« Inégalités » françaises

La situation de la France fait écho à ce tableau en demi-teinte. De manière générale, la France « occupe une position plutôt favorable dans l’OCDE » en matière d’égalité femmes/hommes.

L’organisation a mis en ligne un nouvel outil de visualisation de données.
Cliquez sur l’image pour y accéder :

 

Le taux d’emploi des femmes en France (61%) est par exemple plus élevé que la moyenne, et l’écart de salaire médian entre femmes et hommes (travaillant à temps plein) est comparativement faible (9,9% contre 14,3% en moyenne). Un bémol toutefois : « il ne se réduit plus depuis le milieu des années 2000 ».

« L’égalité femmes-hommes est au cœur des politiques d’aide à la conciliation entre travail et vie familiale mises en œuvre en France depuis plusieurs décennies », ce qui explique cette position « plutôt favorable », note l’OCDE… en tempérant aussitôt ce constat positif : « Les inégalités de recours à ces aides sont des obstacles à l’obtention d’une plus grande égalité en matière de division du travail rémunéré ou non ».

L’organisation met ainsi en avant cet exemple flagrant : l’accès à une garde d’enfants de moins de 3 ans, « condition essentielle pour aider les mères qui travaillent à se maintenir dans l’emploi », est particulièrement inégalitaire en fonction des revenus. « La dispersion des taux de recours à un mode de garde externe par les parents d’enfants de moins de trois ans selon le niveau de revenu des ménages est la plus forte en France au sein de toute l’OCDE ». Le taux de recours est de près de 80% pour le tiers de revenu le plus élevé, mais de 20 % seulement pour le premier tiers.

Autre point noir : le congé parental est peu incitatif en matière de partage entre père et mère, « et la réforme de 2014 n’a pas eu l’effet d’incitation escompté », déplore l’OCDE. Le recours par les pères au congé parental – « un instrument important pour promouvoir une égale répartition des tâches se mettant en place à la naissance d’un enfant » – demeure très faible en France  : environ 5% des bénéficiaires de la prestation. Et c’est avant tout, estime le rapport, parce que « la prestation associée (PREPARE) est d’un montant très faible (392) au regard des pratiques d’autres pays européens ».

 

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