Les femmes aux parcours professionnels précaires sont deux fois plus nombreuses que les hommes. Et ont une probabilité 78% plus élevée que les femmes aux carrières stables de subir du harcèlement sexuel.
Les femmes en France ont deux fois plus de risques que les hommes de connaître des parcours professionnels « précaires ». Et cette situation accroît fortement les risques de subir du harcèlement sexuel au travail. C’est un constat qui ressort d’une étude publiée mercredi 17 janvier par la DARES, le service statistique du ministère de Travail.
Les parcours précaires sont caractérisés « par des périodes de chômage et d’inactivité de longue durée, des carrières descendantes et des changements d’emploi assez fréquents ». Ils « concernent plus souvent des personnes peu diplômées et ayant une santé altérée. »
Et l’étude observe que les femmes sont « bien plus nombreuses » que les hommes dans cette situation. En 2013 plus de 26% des salarié·e·s en France avaient connu un parcours professionnel précaire, parmi lesquel·le·s 68% de femmes, contre 32% d’hommes.
Les conséquences de cette précarité professionnelle ne s’arrêtent pas à « l’insécurité socio-économique », plus marquée pour les femmes que pour les hommes. Les femmes concernées subissent aussi bien plus souvent des « rapports sociaux problématiques », note l’étude.
Ces « rapports sociaux problématiques » se caractérisent en particulier par le sentiment d’être exploitées, par un manque de reconnaissance, et surtout par un risque plus élevé de harcèlement sexuel : ces femmes au parcours précaires ont une probabilité 78% plus élevée que les femmes aux carrières stables de « signaler avoir reçu des propositions à caractère sexuel de façon insistante au cours des 12 derniers mois » sur leur lieu de travail. Et une probabilité 36% plus élevée de « s’être entendu dire des choses obscènes ou dégradantes ».
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