La chaleur aggrave les violences sexistes et sexuelles. Pour alerter l’opinion, l’ONG CARE France lance une campagne d’affichage numérique inédite qui évolue en temps réel selon la météo.

Chaque degré supplémentaire de température est associé à une hausse moyenne de 4,7 % des violences conjugales. Les vagues de chaleur augmenteraient également de 28 % le risque de féminicide. Et « lors du précédent épisode de canicule en juin 2026, les violences faites aux femmes ont elles aussi battu des records : +30 % de signalements de harcèlement de rue lors des premières vagues de chaleur », assure l’ONG CARE France.
Un multiplicateur de risques
« La chaleur est un accélérateur de violences », rappelle CARE France. « Les fortes températures peuvent intensifier les tensions familiales en raison du stress, du manque de sommeil, des difficultés économiques et du confinement contraint dans les maisons. Dans un contexte d’inégalités femmes-hommes, le changement climatique est un puissant multiplicateur de risques de violences sexistes. »
Ces données alarmantes ont conduit cette organisation à mener une action forte pour sensibiliser le grand public.
Des visuels qui évoluent avec le thermomètre
Une nouvelle campagne de prévention détourne les panneaux d’affichage digitaux urbains : ceux-ci s’adaptent en temps réel à la température extérieure. À côté du visage d’une femme, ce message : « Plus la température grimpe, plus le degré de violence envers les femmes augmente ». Les visuels évoluent en fonction de la température extérieure : plus le thermomètre grimpe, plus le visage de la femme représentée porte les marques de violences. L’objectif est de matérialiser un phénomène souvent invisible et de susciter une prise de conscience du grand public au moment même où chacun ressent les effets de la chaleur.
Cette campagne, imaginée par l’agence BELLE, est visible notamment sur le parvis de La Défense à Paris, sur le réseau Cityz Media et sur les réseaux sociaux depuis le mardi 7 juillet. Cette action de communication s’inscrit dans le prolongement de sa campagne « Le changement climatique est sexiste », initiée en 2023.
Une question de survie pour les femmes
« La canicule que nous vivons n’est pas qu’une question environnementale. Pour des millions de femmes dans le monde, c’est une question de survie », rappelle Adéa Guillot, directrice de l’Engagement de CARE France.
Elle souligne également que le 3919, numéro national d’écoute destiné aux femmes victimes de violences, reçoit chaque jour des appels de femmes qui ne disposent d’aucune solution de mise à l’abri. « Nous ne pouvons pas ignorer que le dérèglement climatique aggrave, partout dans le monde, les conditions qui rendent ces violences possibles. Agir pour le climat, c’est aussi agir pour la défense des droits des femmes. »
Intégrer le genre aux politiques climatiques
Pour Care France, cette campagne vise aussi à rappeler que les politiques d’adaptation au changement climatique ne peuvent être neutres du point de vue du genre. Les femmes, particulièrement lorsqu’elles vivent dans des situations de précarité ou de conflit, sont davantage exposées aux conséquences des catastrophes climatiques, qu’il s’agisse des violences, des mariages forcés, des déplacements ou des difficultés d’accès aux soins et aux ressources.
À l’heure où les épisodes de chaleur extrême se multiplient en France comme dans le reste du monde, l’ONG appelle à intégrer systématiquement la lutte contre les violences sexistes dans les stratégies d’adaptation climatique, afin que la réponse à l’urgence environnementale soit aussi une réponse aux inégalités.
Lire aussi dans LesNouvellesNews.fr
La crise climatique aggrave les violences sexistes. L’ONU appelle à agir (2025)
femmes subissent, les hommes décident (2024)
Le dérèglement climatique augmente les violences sexistes (2022)
SHE Changes Climate, pour que les femmes négocient l’avenir de la planète (2022)
