Dommage collatéral d’élections législatives précipitées et à fort enjeu : le nombre de femmes élues est en recul. Face au danger de l’extrême droite, la parité est en baisse tendancielle.

« Ouf ! » Après presque un mois d’angoisse, un premier soulagement s’est exprimé à l’issue des élections législatives le 7 juillet. Et les féministes, qui ont milité pour faire barrage à une extrême droite, qui aurait attaqué les droits des femmes, s’en sont réjouies. Mais qu’en est-il de la parité dans la nouvelle Assemblée nationale ?
Baisse tendancielle
Si ce n’est pas la catastrophe redoutée, la tendance n’est pas bonne. Les femmes ne vont occuper que 36% des sièges. Elles seront 208 dans l’Hémicycle avec 369 hommes. Ce nombre de femmes élues est en recul par rapport à l’Assemblée de 2022 qui en comptait 215. Le pourcentage de députées est même inférieur à la proportion de femmes au Sénat qui s’élève à 36,2% !
L’Assemblée nationale 2022 était déjà en recul par rapport aux 224 députées élues en 2017 qui fut une année record. En 2022 déjà, la montée de l’extrême droite faisait reculer la parité dans les priorités politiques.
Lire : Nouvel Hémicycle : moins de femmes, davantage de féministes mais un lourd RN (2022)
Il est vrai que ces élections de 2024 organisées dans la précipitation étaient mal parties avec 41% seulement de femmes parmi les candidat.es (contre 44% en 2022). Et comme les partis politiques ont tendance à investir des femmes dans des circonscriptions dans lesquelles ils ont peu de chance de l’emporter… On arrive à 36% d’élues.
« Union de la gauche » en tête de la parité
Les formations qui ont obtenu le plus de sièges sont aussi celles qui affichent les plus fortes proportions de femmes. Parmi les 178 député.es estampillés « Union de la gauche » par le site du ministère de l’Intérieur, (ce qui ne représente pas l’ensemble du bloc de gauche) figurent 74 femmes. Elles comptent donc pour 41, 5 % des élu.es « Union de la gauche » le 7 juillet 2024.
Le mouvement « Ensemble » compte 60 femmes pour un total de 150 député.es élu.es sous cette étiquette, soit 40 %. Parmi les 125 députés Rassemblement National (RN), 41 femmes, soit 32% d’élues. Et chez Les Républicains, sur 39 député.es élus,12 sont des femmes soit 30%.
S’ajoutent à ces quatre formations des groupes qui affichent des tendances diverses. Une « Union de l’extrême droite » autour d’Eric Ciotti a fait élire 17 députés dont 5 femmes. 27 « divers droite » parmi lesquels seulement 6 femmes (22%). 12 « divers gauche » avec 2 femmes ou encore 9 « Régionalistes » qui sont tous des hommes.
Ceux qui se disent plutôt au centre de l’échiquier politique affichent des notions de parité diverse. Sur 6 député.es «Horizon », 3 sont des femmes. «L’Union des Démocrates et Indépendants » comptera deux femmes et un homme dans l’Hémicycle. Mais 7 « divers centre » sont tous des hommes.
Les féministes avaient anticipé ce mauvais résultat pour la parité lorsqu’elles écrivaient « « Rassurez-vous donc, camarades, on votera pour vous. Mieux vaut encore pour nous un programme de vieux gauchistes qu’un programme de jeunes fachos. Mais on attend que vous changiez.»
Leur priorité était d’éviter l’accès au pouvoir de l’extrême droite… Dommage collatéral : la parité recule
Lire : Ces fronts féministes qui font face à l’extrême droite et au patriarcat
