Accueil Economie Quotas dans les CA : de la prise de conscience à la mauvaise conscience ?

Quotas dans les CA : de la prise de conscience à la mauvaise conscience ?

par Isabelle Germain
marie-jo-zimmermann

Marie-Jo Zimmermann

Marie-Jo Zimmermann n’est pas sûre que sa loi sur les quotas de femmes à la tête des grandes entreprises sera respectée. Il faut augmenter la pression, dit-elle en substance.


 

40% de femmes dans les Conseils d’administration (CA) en 2017 ? L’objectif fixé par la loi Coppé-Zimmermann du 27 janvier 2011 sera difficile à atteindre. Pourtant le premier seuil légal de 20% pour 2014 est déjà dépassé dans les sociétés du CAC 40 : elles comptent à ce jour 23,7% de femmes dans leurs CA. Alors qu’est-ce qui chagrine l’instigatrice de la loi, la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, qui présentait mardi 12 février les résultats d’une étude du cabinet Gouvernance & Structures (G&S) ? Derrière ce chiffre de 23,7%, l’enquête réalisée auprès de 450 sociétés françaises cotées sur EuronextPonaris présente des résultats moins glorieux.

Dans les entreprises du Big Caps hors CAC 40 (capitalisation supérieure à 1 000 millions d’euros) la proportion de femmes passe de 14% à 18,4%. Dans les Mids Caps (capitalisation comprise entre 150 millions d’euros et 1000 millions d’euros) : de 14% à 19,2%. Dans les Small Caps (capitalisation inférieure à 150 millions d’euros) : de 16% à 19,2%. Et le nombre de conseils d’administration sans aucune femme continue à diminuer.

Ce sont les groupes les plus puissants du CAC 40 qui « influencent très favorablement le pourcentage sur lequel est basé le seuil légal. » Près des trois quarts des femmes administratrices de groupes du CAC 40 siègent en tant qu’indépendantes. Et très peu de femmes sont des « cumulardes » : 87% des femmes administratrices n’ont qu’un seul mandat. Ce qui prouve, contrairement à ce que disaient la plupart des patrons il n’y a pas si longtemps, qu’il existe un « vivier » de femmes prêtes à occuper ces fonctions.

Mais au-delà du CAC 40, la progression est très lente. Dans 18% des petites sociétés cotées, aucune femme ne siège au CA (une seule entreprise du CAC 40 est dans ce cas) et la plupart de celles qui ont leur place à la table font partie de la famille des fondateurs (dans 41% des cas).

La relève n’est pas préparée

Et il reste encore à recruter 340 administratrices pour être dans les clous à l’été 2014, et 900 pour 2017. Ce qui semble compliqué car les obligations imposées aux CA n’ont pas eu d’effet sur les instances exécutives. Seulement 3% des entreprises cotées sur Euronext Paris ont une femme pour PDG, ou directrice générale, et le nombre de femmes ayant atteint ce niveau hiérarchique n’a augmenté que de 1% en un an.

Certaines entreprises ne respectent pas l’un des dispositifs de la loi interdisant de recruter ou de renouveler un administrateur homme tant qu’aucune femme n’est entrée dans le conseil. 14 entreprises seraient dans ce cas.

Et surtout, les conditions pour rendre cette progression possible ne sont pas réunies. La loi impose aux conseils d’administration ou de surveillance des sociétés cotées d’examiner, au moins une fois par an, le « rapport de situation comparée » de l’entreprise prévu par la loi Génisson de 2001 sur l’égalité professionnelle. Ce rapport étant la première étape de la réduction des écarts de carrière entre hommes et femmes. Il n’est discuté en séance du conseil que dans 40% des entreprises du CAC 40 et dans 6% des petites entreprises…. Le cadet des soucis de ces instances de décision, donc. Conclusion de ces constats par Marie-Jo Zimmermann : « Nous avons réussi une prise de conscience. Il faut maintenant passer à la mauvaise conscience »… Et pour que cette mauvaise conscience advienne, il faut épingler les mauvais élèves. Mais les auteurs de l’étude ne donnent pas les noms…

 

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4 commentaires

hic 13 février 2013 - 11:46

Ou les sanctionner(il n’y a que ça qui marche, malheureusement).
Dans mon entreprise (un pme filiale d’une multinationale), tous les points de négociation sont détaillés par les syndicats, sauf ceux sur les égalités hommes-femmes, dont, autant syndicats que patrons, tous se contrefichent.

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isabelle germain 14 février 2013 - 03:43

Les études se suivent et se ressemblent donc… QU’est-ce qu’on fait ?

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Lili 16 février 2013 - 12:00

« hic »
Ou les sanctionner(il n’y a que ça qui marche, malheureusement).
Dans mon entreprise (un pme filiale d’une multinationale), tous les points de négociation sont détaillés par les syndicats, sauf ceux sur les égalités hommes-femmes, dont, autant syndicats que patrons, tous se contrefichent.

Pas dans la mienne (accords sur l’égalité professionnelle…) si les syndicats s’en fichent, c’est que les salariés s’en fichent, ou ne croient pas dans les syndicats. Il faut arrêter à un moment donné de se plaindre, les syndicats (surtout locaux) sont ce qu’on en fait.

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hic 17 février 2013 - 20:13

« Lili »

Pas dans la mienne (accords sur l’égalité professionnelle…) si les syndicats s’en fichent, c’est que les salariés s’en fichent, ou ne croient pas dans les syndicats. Il faut arrêter à un moment donné de se plaindre, les syndicats (surtout locaux) sont ce qu’on en fait.

Merci de ne pas plaquer votre situation sur la mienne. Et je me plaindrais autant de fois que ça me semblera juste. Par ailleurs, peut-être avez vous de bons syndicats non achetés par votre direction, sachez que ce n’est pas le cas de tout le monde. C’est justement parce que dans une entreprise principalement masculine, il n’y a aucun moyen d’intéresser les syndicat(masculins faut-il le rappeler) à l’égalité hommes/femmes qu’il faut des sanctions.

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