Retraite : la France championne des écarts de pension entre femmes et hommes

par Camille Saint-Cricq

Nouvelles concertations sur les retraites, nouvelle occasion de voir que, pour les retraitées, la France fait partie des pires pays de l’OCDE.

Alors que s’amorcent de nouvelles concertations sur la réforme des retraites, qu’en sera-t-il de la résorption des écarts de pensions entre femmes et hommes qui est de l’ordre de 40 % en France ?

La pension moyenne brute d’une femme est de 1 159 euros, tandis que celle d’un homme est de 1 931 euros, selon des statistiques de 2020 des ministères sociaux. Même si l’écart se réduit quand on prend en compte les pensions de réversion, (part de la pension du conjoint décédé que touchent les veuves et veufs -des femmes 9 fois sur 10) La différence est tout de même de près de 30%.

La société Sapiendo, citée dans Silveréco a ressorti des chiffres de l’OCDE montrant à quel point la France est mal placée. Sur les plus de 65 ans, l’écart moyen au sein de l’ensemble des pays de l’OCDE est de 25,6% tandis qu’il est de 32,5% pour la France. L’étude citée prend en compte les pensions de retraite des systèmes de retraite par répartition et par capitalisation. 

Avec de tels écarts la France se situe derrière bien des pays de l’OCDE. Les pays qui font mieux  : Italie, Allemagne, Suisse, Espagne, Chili, Suède, Irlande, Norvège, Turquie, Grèce, Belgique, Portugal, Finlande, Canada, Pologne, Lettonie, Colombie, Lituanie, Slovénie, Australie, Hongrie, Islande, Tchéquie, République Tchèque, Danemark, Slovaquie et Estonie font mieux. Cinq pays font moins bien : Etats-Unis, Pays-Bas, Luxembourg, Royaume Uni, Autriche, Mexique et Japon (qui enregistre les plus forts écarts).

Ces écarts s’expliquent par des injustices antérieures à la retraite : les femmes ont, plus souvent que les hommes, des carrières hachurées car ce sont plus souvent elles qui mettent entre parenthèse leur activité professionnelle pour le bien de la famille. Du coup, elles partent à la retraite plus tard :  63,2 ans contre 62,7 ans pour les hommes. Durant leur carrière, elles sont moins bien rémunérées que les hommes parce qu’elles sont orientées vers les métiers les moins rémunérateurs et occupent bien moins de postes de direction que les hommes.

Pour améliorer la situation des femmes françaises, Sapiendo résume ses propositions à trois « i ». Le premier : Informer, en inscrivant clairement sur les bulletins de salaire le total des cotisations retraite et des droits qui en découlent. Ce qui devrait peser sur les décisions d’interruption de carrière.

2ème « i » : inviter à partager les points retraite au sein des couples pour ne pas pénaliser la personne qui interrompt sa carrière pour la famille.

3ème « i » : inciter pour cotiser plus et ainsi bénéficier d’une meilleure retraite.

Beaucoup suggèrent aussi d’agir en amont en gommant les inégalités de salaires et en revalorisant les métiers exercés principalement par des femmes.

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