Accueil Economie Salaires dans l’enseignement : les femmes discriminées ?

Salaires dans l’enseignement : les femmes discriminées ?

par Arnaud Bihel

A tous les niveaux, les enseignantes gagnent moins, en moyenne, que leurs collègues masculins. Cela est lié aux différences d’âge et du statut, mais les critères objectifs n’expliquent pas tout.


 

« En France, une prof gagne 171 euros de moins que ses collègues masculins ». C’est ce que relève L’Express, en s’appuyant sur les données publiques du ministère l’Éducation nationale pour l’année 2012/2013 (à retrouver ici).

De fait, si elles représentent une majorité du corps enseignants, les femmes, dans le public comme dans le privé, et dans le primaire comme dans le secondaire, ont un indice moyen inférieur à celui des hommes (l’indice étant le nombre de points qui détermine le salaire de base) : une moyenne globale de 546 points dans le public, contre 583 points pour leurs collègues masculins (507 contre 531 dans le privé)

Ces inégalités, toutefois, s’expliquent en partie par des raisons objectives : « concrètement, elles occupent des postes moins biens rémunérés que leurs homologues masculins », résume L’Express. Par exemple, elles représentent 58% du total des enseignants du second degré dans le public, mais seulement 32% des professeurs de chaire supérieure, statut qui dispose du traitement le plus élevé.

Freins à l’avancement des carrières

Pour autant, même à statut égal, les hommes bénéficient systématiquement d’un salaire supérieur. Là encore, une raison objective l’explique en partie : les points d’indice évoluent en fonction de l’ancienneté. Et les données du ministère font apparaître que les enseignants sont plus âgés que les enseignantes, de deux ans en moyenne.

Cela n’explique pas tout. « Les hommes bénéficient d’un avancement plus rapide que les femmes. Des observations partielles sur le terrain tendent à le confirmer, même si nous ne disposons pas d’étude nationale assez précise pour être catégoriques », souligne ainsi dans L’Express Anne Féray, secrétaire nationale du syndicat enseignant Snes-FSU.

Au delà du salaire, les chiffres du ministère font apparaître une autre situation. Comme partout ailleurs sur le marché de l’emploi, les femmes dans l’Éducation nationale sont bien plus concernées que les hommes par le temps partiel : dans le public, elles sont 15% à travailler à temps partiel. C’est quatre fois plus que les hommes dans le primaire, et trois fois plus dans le secondaire. Ce qui constitue aussi un frein à l’avancement des carrières.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Les écarts de salaires hommes/femmes décortiqués

Inégalités salariales persistantes dans la fonction publique

 

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4 commentaires

Lili 22 octobre 2013 - 17:30

Lorsque je faisais mes études, les filles qui préparaient les concours administratif le faisaient POUR pouvoir travailler à temps partiel le temps d’élever les enfants, sans risquer pour leur emploi ou leur avancement.
J’ai pas mal d’amies qui quittent l’entreprise pour l’enseignement, par vocation mais aussi pour la sécurité de l’emploi et de l’avancement même en prenant des périodes de temps partiel.

Il est donc normal qu’il y ait plus de temps partiel féminin dans l’Education Nationale. Les femmes font des choix et certaines privilégient la famille sur la carrière, et elles ont la chance de pouvoir le faire sans risquer carrière et emploi.

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rose 14 novembre 2013 - 18:10

en réponse à LILI . vous pensez vraiment que les femmes avaient LE CHOIX. Si l’éducation des enfants, les tâches ménagères étaient également partagées entre H et F, elles n’en seraient pas à avoir à faire ce choix.

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tassedejardin 14 novembre 2013 - 18:27

Discriminer une personne salariée au motif de sa quotité de temps de travail est illégal.

Il faut juste que les gens se mettent en tête que des responsabilités peuvent être prises et assumer – y compris à temps partiel. Que l’on peut être motivéE par son travail, même à temps partiel.

Si l’accueil de la petite enfance était plus accessible (et mixte), les femmes ne seraient pas contraintes à éduquer l’enfant de leur couple (ou pas).

Combien de femmes dans le corps de l’inspection académique? Dans les directions d’école? etc? QUI décident des avancements de carrières? Combien de femmes responsables dans les syndicats de l’éducation nationale? Qui aide -ou pas- les salariéEs?

Ceux qui devraient partager et/ou laisser leur place?

On croit rêver.

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Lili 15 novembre 2013 - 13:59

« rose »
en réponse à LILI . vous pensez vraiment que les femmes avaient LE CHOIX. Si l’éducation des enfants, les tâches ménagères étaient également partagées entre H et F, elles n’en seraient pas à avoir à faire ce choix.

Oui, je pense (et je constate vu leur nombre autour de moi) que ces femmes-là, plus que les autres, ont le choix. Parce qu’elles ne risquent pas le chômage ou le placard. C’est un choix d’équilibre de vie qui ne tient pas à une contrainte ménagère, mais à un tempérament et à une préférence pour la présence auprès des enfants. Elles aiment les enfants, leurs élèves et leurs enfants. Il n’est pas aberrant que des personnes qui choisissent un métier de l’enfance se trouvent bien avec leurs enfants.

Je trouve donc anormal que l’éducation nationale soit ultra féminisée, par ce que ce choix familial devrait être masculin comme féminin, il y a là un fort stéréotype. Mais que les femmes qui ont choisi ce métier prennent des temps partiels, ça me semble logique, disons cohérent. La liberté des hommes et des femmes, c’est aussi le droit à ne pas vouloir passer sa vie au boulot tout en étant considéré comme un bon professionnel (cf com. Tasse de thé)

Il en va de même d’ailleurs pour les hommes, si la plupart des hommes de ma famille sont profs, c’est parce qu’ils choisissent un équilibre famille/boulot différent. Qui leur permet en effet de passer plus de temps avec les enfants, prendre un congé parental…

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