Une nouvelle étude vient confirmer la féminisation des conseils d’administration des grandes entreprises françaises. Le cap des 20% est déjà atteint. Mais « les recruteurs ont mangé leur pain blanc ».
« Fini la femme alibi ». Le nouveau baromètre du cabinet Diafora-BoardWomen Partners (BWP) confirme les progrès de la mixité dans les conseils d’administration (CA) des grandes entreprises françaises. Les entreprises du CAC 40 ont désormais franchi la barre des 20 % de femmes administratrices, contre 14% en 2010. Plus de la moitié d’entre elles comptent au moins 3 femmes dans leur CA, « un nombre que l’on peut considérer comme un point de bascule qui rend la mixité réelle et irréversible », estime le cabinet. Seuls deux grands groupes ne comptent encore aucune femme.
Derrière ces 40 plus grandes entreprises, les 80 autres qui composent le SBF 120 restent toutefois à la traîne – de 12% de femmes en 2010 à 14% en 2011.
Les grandes entreprises devancent donc les exigences de la loi Copé-Zimmermann qui fixe cet objectif de 20% pour 2013, et un objectif final de 40 % à l’horizon 2017. Mais cette dernière étape « sera plus ardue », note Diafora. « En nommant les femmes déjà en visibilité, les recruteurs ont mangé leur pain blanc. » Pour atteindre ce palier de 40%, les 120 plus grandes entreprises devront recruter environ 500 administratrices, dont 300 nouvelles entrantes.
Or, « le nombre de noms de femmes qui circule actuellement dans les comités de nomination des
grands groupes est extrêmement limité », souligne Véronique Préaux-Cobti co-fondatrice du programme BWP. Un programme destiné à repérer, rendre visibles et former des femmes ayant le profil et les compétences nécessaires pour exercer un poste d’administratrice au sein d’un grand groupe.
En cause : les exigence de ces comités, qui cherchent à internationaliser les conseils tout en les féminisant. Dès lors, « les groupes limitent les possibilités de promotion de femmes françaises compétentes », déplore le cabinet (59 % des nouvelles entrantes dans les CA en 2011 sont d’origine étrangère, contre 46 % des nouveaux).
S’ajoute à cela l’exigence classique d’avoir exercé de très hautes responsabilités dans l’exécutif de grands groupes et/ou de jouir d’une certaine notoriété dans les affaires ou en politique. Or, rappelle Diafora, « le nombre de candidates connues et identifiées comme ayant ce type de profil diminue avec chaque vague de nominations. »
Et de conclure : « Les entreprises doivent donc cesser de multiplier les exigences et au contraire redoubler leurs efforts pour faire émerger des profils compétents. »
