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Entreprise et parentalité : un pas vers la conciliation

par Isabelle Germain

OPELe mouvement ne s’est pas évanoui dans les effluves de la crise. Au contraire. L’Observatoire de la parentalité en entreprise (OPE), créé il y a un an, compte aujourd’hui 153 entreprises et devrait donc concerner plus d’un million et demi de salariés.

Sa « charte de la parentalité », veut infuser une idée toute simple : beaucoup de salariés sont aussi des parents et il serait grand temps que les entreprises intègrent cette donnée dans leur fonctionnement. Car les adolescents en ont assez de jouer les psys de leurs parents salariés, révèle une enquête.

Les ados ne veulent plus être les psys de leurs parents salariés

adoLors d’une manifestation en grande pompe réunissant, le 1er décembre les entreprises signataires de la charte autour de Xavier Darcos, ministre du Travail et de  Nadine Morano, secrétaire d’Etat en charge de la famille, Jérôme Ballarin, président de l’Observatoire, a présenté une étude sur « les adolescents et le travail de leurs parents ».  71% des adolescents jugent l’activité de leur parents «stressante, fatigante», voire «très dure». «Nous ne sommes pas leur psy, et nous n’avons pas toujours envie d’entendre le récit de leurs péripéties négatives » assénait Amélie Perreault, jeune auteure de Mr le Président, j’ai 15 ans et je voudrais vous dire (JC Lattès). Invitée à commenter le sondage devant un parterre d’entrepreneurs médusés, l’adolescente n’a pas pris de gants : « C’est nous qui supportons nos parents, quand ils rentrent du travail !  Les rôles sont trop souvent inversés (…) Ce qui nous manque, c’est avant tout du temps avec nos parents ». Message reçu par Xavier Darcos : « Ce n’est peut-être pas la bonne image du travail qu’il faut donner à ces générations qui demain entreront dans l’entreprise ».

Des dispositifs encore timides

Certes. Alors que font les entreprises qui signent la charte ? Pour l’instant, leurs engagements sont inégaux et avant tout d’ordre matériel : crèches, solutions de garde d’enfant à domicile, solutions de garde  pour le mercredi, soutien financier des salariés-parents, primes de naissance, CESU pour du soutien scolaire, conciergeries, des possibilités de télétravail, des horaires de réunion compatibles avec la vie familiale, des temps partiels sans préjudice pour l’évolution professionnelle,… Plus rare, quelques entreprises mettent aussi en place des formations pour apprendre aux managers à prendre en compte la situation parentale de leurs collaborateurs.

Repenser l’organisation du travail

Mais il est temps aussi d’ébranler quelques certitudes. « Il faut repenser l’organisation du travail et comprendre par exemple que ce n’est pas un gage de qualité que de rester très tard au bureau. C’est un défaut bien français qui écarte les femmes des progressions de carrières »  observe Nadine Morano. Le jour où la compétence l’emportera sur le présentéisme, il est possible en effet que les femmes rattraperont leur retard dans les promotions. La vie professionnelle fonctionne encore comme au temps où seuls les hommes travaillaient, laissant à leurs femmes le soin de s’occuper du foyer. Si les deux travaillent, il faut aussi que les deux puissent s’occuper de leur famille sans devoir consentir de lourds sacrifices professionnels. Une évolution lente et bien plus compliquée qu’il n’y parait.

Partager la parentalité

Mercedes Erra, qui a conclu la cérémonie, s’est livrée à un vibrant plaidoyer en faveur de la parentalité partagée. « Parent, ce mot sans genre » a attaqué la présidente de l’agence de publicité Betc Euro Rscg, un mot qui invite au partage alors qu’il est encore trop souvent une spécialité féminine. Partage des soins, de l’éducation, des moments passés avec les enfants, mais aussi partage de lmercedesa responsabilité d’alimenter les ressources du foyer par son travail. Pour parvenir à ce partage et parce que « on n’est pas au bout de l’histoire », elle a fait bouger sa propre entreprise avec sa directrice générale Muriel Fagnoni qui a mis en place une batterie de mesures favorisant la parentalité et l’égalité professionnelle. L’exemple venant d’en haut, la directrice générale a travaillé à temps partiel et partiellement en télé-travail. Elle est un message vivant : dans cette entreprise, le temps partiel n’est donc pas un obstacle à la promotion. Elle a mis en place une batterie de mesures pour neutraliser les effets du congé de maternité sur l’évolution de carrière, accorder le temps partiel quel que soit le niveau hiérarchique, aider à la garde des enfants, assouplir le temps de travail… Bref penser une organisation qui concilie les exigences du métier et celles des parents. Pas simple mais possible et encore améliorable. « Le chantier n’est jamais fini » pour que les adolescents ne soient plus les psys de leurs parents.
 
 
 
 
 

7 commentaires

Juliette 2 décembre 2009 - 19:52

pauvres gosses : enfants et ados les parents s’en débarassent le plus possible — meme le dimanche ! -, ils vont devoir payer des retraites… jouer au psy… supporter des parents divorcés ou qui restent ensemble, souvent par lachete. Quelle belle génération !
Ah ces parents qui ont plus de consideration pour leur parquet que pour les enfants : et oui, on paie 10 euros la femme de ménage et 6 la nounou…

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Juliette 2 décembre 2009 - 19:53

Si les deux travaillent, il faut aussi que les deux puissent s’occuper de leur famille sans devoir consentir de lourds sacrifices professionnels.
!!! Oh, la elle est a cote de la plaque… si les paents quittent le bureau a 18H, c’est pour aller faire les courses ou au café… surtout pas pour s’occuper des gamins !

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las vegas 3 décembre 2009 - 11:28

Juliette est trés pessimiste ou elle a eu des parents un peu marginaux! moi qui suis un vieux grand’père de 67 ans je suis plus confiant dans le genre humain.
quel âge as-tu juliette???

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henry 3 décembre 2009 - 15:33

Il serait intéressant que NouvelsNews fasse une etude SUR le TERRAIN auprès des familles : que les parents demandent de l’aide pour « UN PEU » de garde d’enfant, d’aide scolaire ou autre semble normal… mais qu’aujour’dhui les parents VEULENT que les enfatns soient au lit quand ils rentrent le soir , s’en debarassent le samedi — 3/4 activités ! — et les « refilent » aux grands-parents le dimanche ou pendant les vacances… la, non ! Combien de parents partent en vacances en choisisssant SYSTEMATIQUEMENT les « solutions » AVEC possiblites de se « débarasser » de leurs enfants ? Je parie que c’est moins de 30%! C’est tout de meme aux parents d’apprendre aux enfants a MONTER a velo, faire la cuisine, et si possible RESPECTER les autres (quoi que la… on assiste a une société qui semble avoir des gamins pour payer sa retraite, uniquement)

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henry 3 décembre 2009 - 15:39

est-il normal qu’un papa soit en train de sabrer le champagne avec ses collègues… alors que les collègues de son bureau l’ont entendu parler au téléphone avec sa femme qui vient d’accouché… et qui visiblement va TRES MAL! evidemment, prendre ses jours de congé parental quand tout va bien.. c’est plus cool, prendre ses RTT quand les enfants sont en centre de loisirs, c’est bien mieux ! bref; l’hypocrisie francaise a des années devant elle…

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las vegas 9 décembre 2009 - 10:03

Encore un pessimiste !!! Juliette et Henry si vous êtes jeunes cà me fend le coeur de vous voir avec de telles pensées!!
Je voudrais bien vous aider à voir la vie autrement!

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Catherine. 12 décembre 2009 - 23:09

Il me semble que – au delà du problème du temps consacré par les parents à leurs enfants – il y a un deuxième point intéressant à retenir de l’interview liée au livre cité, à savoir l’image ques les enfants se font du boulot de leurs parents au travers de ce que ces derniers leurs communiquent. Pour améliorer les « relations » avec ses enfants on peut donc avoir deux leviers : augmenter le temps passé avec eux ou bien augmenter la qualité de ce temps. Ne pas leur transmettre les soucis du boulot, de pas se « défouler » sur eux. Comment un enfant peut-il accepter et comprendre que ses parents passent autant de temps pour un travail qui a autant l’air de ne pas leur plaire ?

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