Accueil Eco & Social Index de l’égalité : ce n’est qu’un début

Index de l’égalité : ce n’est qu’un début

par Isabelle Germain

17 % des entreprises sont dans le rouge, les dirigeants semblent découvrir le problème… Point d’étape de l’index de l’égalité professionnelle.

Les points d’étape de l’index de l’égalité professionnelle se suivent et se ressemblent avec quelques bons élèves, des cancres assumés, beaucoup de « peut mieux faire » et encore plus de « je ne savais pas qu’il y avait interro, mdam… »  Et toujours une exaspérante candeur chez les dirigeants d’entreprise. En présentant ce mardi matin un « point d’étape » du déploiement de l’index de l’égalité professionnelle auprès des entreprises de plus de 250 salarié.e.s, Muriel Pénicaud, ministre du Travail a encore répété que les dirigeants d’entreprise n’en finissaient pas de dire qu’ils découvraient, avec cet index, qu’il existait des inégalités entre femmes et hommes. Il y avait pourtant eu auparavant six lois avec obligation de publier des rapports de situation comparée dont ils s’appliquaient à ignorer l’existence.

Voir : EGALITÉ PROFESSIONNELLE : L’ART DE L’ESQUIVE SE COMPLIQUE

Dans ce point d’étape, la ministre observe d’ailleurs que le critère sur lequel les entreprises cancres ont pu agir rapidement pour échapper aux sanctions était l’application d’une loi datant de 2006. Depuis cette date, ces entreprises devaient accorder aux femmes revenant de congé de maternité, une augmentation individuelle proportionnelle à celles accordées aux collègues de leur service. Certaines l’ont fait pour augmenter leur score. Il n’empêche, un tiers des entreprises de plus de 1 000 personnes ne respecte pas cette obligation !

Globalement, le point d’étape indique que 99 % des entreprises de plus de 1000 salarié.e.s ont publié leur index de l’égalité. Rappelons que cet index instauré par la loi « avenir professionnel » du 5 septembre 2018, repose sur cinq critères : outre celui de l’augmentation au retour du congé de maternité, la suppression des écarts de salaire à poste et âge comparables (40 points), la même chance d’avoir une augmentation (20 points), la même chance d’obtenir une promotion (15 points) et au moins quatre femmes dans les 10 plus hautes rémunérations (10 points)

17 % en alerte rouge

Sur les 4 772 entreprises de plus de 250 salariés qui ont publié leur note sur 100, « 17% sont en alerte rouge », a expliqué Muriel Pénicaud, soit environ 800 entreprises. Et les grandes entreprises ne sont pas les meilleures : il s’agit de 18% des plus de 1 000 salariés et de 16 % pour les 250 à 1000 salariés. Parmi les sociétés cotées au CAC 40 et au SBF 120, aucune n’a obtenu les notes maximales.  Plus d’un grand groupe sur deux, compte moins de deux femmes parmi les dix collaborateurs les mieux rémunérés

Côté « bons élèves » « 167 entreprises ont 99 ou 100 points, soit à peine 3,5 %. Et la liste de ces entreprises sera publiée sur le site du ministère car Muriel Pénicaud veut habilement manier la carotte et le bâton. Elle projette aussi de balancer les noms des cancres à moins de 75 points au 1er mars prochain. En attendant, elle donne en pâture les noms de quatre entreprises de plus de 1 000 salariés qui n’ont toujours pas publié leur note : « Association bas-rhinoise d’aide aux personnes âgées, Mutualité Anjou-Mayenne, Sepur dans le secteur du nettoyage, et Jardel Services ». Et l’inspection du travail est mise à contribution : elle aurait effectué plus de « 5 000 contrôles » , 17 entreprises auraient été mises en demeure, dont « une a eu une notification financière et a rectifié ».

Seules les entreprises n’atteignant pas 75 points seront sanctionnées. Un score assez facile à atteindre. « L’égalité, c’est 100 % » insiste la ministre du Travail qui n’a pas l’intention de se contenter de ce score. Mais pour l’instant « la dynamique est lancée » affirme-t-elle. Le 1er mars 2020, ce sera au tour des entreprises de 50 à 250 salarié.e.s de publier leur note.

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Léa 19 septembre 2019 - 17:03

Dommage que cet index ne prenne pas en compte la proportion d’hommes qui prennent un congé paternité ou se mettent à temps partiel, les règles concernant les horaires pour les hommes. L’égalité, ce n’est toujours pas l’alignement des femmes sur les hommes. C’est un changement pour tous et toutes, au travail et à la maison.

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