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La lente féminisation des CA se poursuit en Europe

par La rédaction

RedingDavos

La proportion de femmes dans les conseils des sociétés européennes cotées s’améliore, passant de 13,7 à 15,8 % en un an, selon les derniers chiffres de la commission européenne. « La pression réglementaire porte ses fruits », juge Viviane Reding.

 


La part de femmes siégeant dans les conseils des sociétés cotées en bourse atteint aujourd’hui 15,8 %, contre 13,7 % il y a un an. Ce sont les derniers chiffres publiés par la commission européenne, le 25 janvier 2013. Cette augmentation se constate dans tous les pays de l’union européenne sauf trois, la Bulgarie, la Pologne et l’Irlande. Un bémol à ce progrès : un quart des plus grandes entreprises de l’Union ne compte encore aucune femme au sein de leur principal organe dirigeant.

Et les femmes accèdent plus difficilement aux postes d’administrateurs exécutifs, où elles ne représentant que 10 % (contre 8,9 % un an plus tôt), qu’au poste d’administrateur non exécutif où elles sont 17 % en moyenne (contre 15 % en janvier 2012). Cette situation à deux vitesses avait été pointé du doigt par l’étude d’un think thank britannique dont la conclusion soulignait que l’instauration de quotas pour féminiser les conseils d’administration ne s’accompagnait pas d’une féminisation équivalente des postes exécutifs (Lire : Quotas dans les CA : le risque du « paravent »).

L’effet de la pression réglementaire

En France, la loi « Copé-Zimmermann » votée en 2010 a été pionnière pour instaurer des quotas. L’étape intermédiaire fixée à 20 % en 2014 a déjà été atteinte dans les sociétés du CAC 40. Les femmes y représentent 25 % des membres de leurs conseils, soit un accroissement de 2,8 points en 10 mois (janvier – octobre 2012). Attention toutefois : le rythme baisse et le seuil de 40 % en 2016 ne sera pas si facilement atteint.

« C’est à l’usage que l’on peut juger de la qualité d’une chose : la pression réglementaire porte ses fruits. Les entreprises commencent enfin à comprendre que, si elles veulent demeurer compétitives dans une société vieillissante, elles ne peuvent pas se permettre de négliger les talents féminins, car les femmes représentent 60 % des diplômés de l’université », souligne la commissaire Viviane Reding. « L’exemple de pays comme la Belgique, la France et l’Italie, qui ont récemment adopté une législation en la matière, démontre clairement qu’une intervention réglementaire circonscrite dans le temps peut faire toute la différence. »

C’est l’occasion pour Viviane Reding de mettre en avant sa proposition de directive, difficilement imposée en novembre dernier (Lire : L’Europe dit oui aux quotas dans les CA). Elle fixe un quota de 40% de femmes, « devant être désignées en fonction de leur mérite », dans les comités exécutifs des grandes sociétés d’ici 2020, et dès 2018 pour les entreprises d’Etat. Pour acquérir force de loi et s’imposer aux Etats, le texte doit maintenant être adopté par le Parlement européen et les Etats de l’Union.

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Féminisation toujours attendue à la tête des grandes entreprises

Photo : Viviane Reding le 25 janvier 2013 à Davos

 

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Annie G-H 28 janvier 2013 - 11:42

Vos données provenant de l’Union européenne ne prennent sans doute pas en compte la Norvège qui n’en fait pas partie et qui a été pionnière en la matière: en 2003, a été votée une loi imposant un quotas de 40% de femmes dans les CA et prévoyant des sanctions économiques importantes en cas de carence. Ce dispositif s’est révélé très incitatif et efficace.

C’est en s’inspirant de cette loi norvégienne qu’en France, Marie-José Zimmermann et Jean-François Copé ont élaboré la loi qui porte leur nom; elle est en retrait par rapport au dispositif norvégien notamment en ce qui concerne les sanctions en cas de carence; sur ce point, on ne peut que constater que le législateur français a tendance à éluder le besoin d’exercer des pressions de nature économiques pour inciter les entreprises et leurs dirigeants à mieux assurer l’égalité femme/homme; sans doute peut-on y voir une des causes de la lenteur avec laquelle cette égalité progresse.

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