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Les travailleuses domestiques attendent des protections sociales

par La rédaction

Le nombre de travailleurs domestiques dans le monde, qui sont à plus de 80% des femmes, ne cesse de croître. Et en attendant la mise en œuvre de la convention internationale signée en 2011, 30% d’entre eux et elles échappent à la législation du travail.


Des millions de travailleurs domestiques dans le monde demeurent exclus des protections sociales dont bénéficient les autres travailleurs, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Selon la première étude menée sur ce sujet auprès de 117 pays par l’OIT, publiée mercredi 9 janvier, il y a officiellement plus de 56 millions de travailleurs domestiques dans le monde, sans compter les enfants. En 15 ans, leur nombre a gonflé de près de 20 millions. Et il s’agit très majoritairement de femmes.

Jusqu’à un emploi féminin sur cinq

« Même si un nombre important d’hommes travaille dans le secteur – souvent comme jardiniers, chauffeurs ou maîtres d’hôtel –, il n’en demeure pas moins un secteur fortement féminisé puisque plus de 80% de l’ensemble des travailleurs domestiques sont des femmes. Au niveau mondial, le travail domestique représente 3,5% des emplois des femmes et même, dans certaines régions, jusqu’à un emploi féminin sur cinq (Moyen-Orient) ou un sur six (Amérique latine et Caraïbes). Améliorer les conditions de travail dans ce secteur a donc des ramifications plus larges en termes d’égalité entre les sexes », souligne le rapport.

Plus d’un tiers des travailleuses domestiques n’ont pas de congé maternité

Selon les recherches effectuées par l’OIT, seulement 10% des travailleurs domestiques (soit 5,3 millions) sont couverts par la législation générale du travail au même titre que les autres travailleurs. A l’opposé, 30% d’entre eux sont totalement exclus du champ d’application de la législation du travail nationale. « Étant donné que l’écrasante majorité des travailleurs domestiques sont des femmes, le droit à la protection de la maternité est une préoccupation essentielle », note l’OIT. Pourtant plus d’un tiers (36%) des travailleuses domestiques n’ont pas droit au congé maternité et plus encore (40%) ne perçoivent aucune prestation maternité.

Le temps des normes

Ce rapport fait suite à l’adoption en juin 2011 d’une convention historique qui fixe des normes internationales pour garantir des conditions de travail et de rémunération décentes aux travailleurs domestiques (Lire : Le travail domestique devient un vrai travail). Mais après l’avoir adopté, reste à l’appliquer. A ce jour, seuls trois pays (les Philippines, Maurice et l’Uruguay) ont ratifié la Convention. L’OIT se veut confiante : trois autres pays ont achevé les procédures nationales de ratification et de nombreux autres les ont initiées.

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2 commentaires

Pouyoul 9 janvier 2013 - 21:53

A ce sujet, et plus particulièrement sur le sort des domestiques philippines exilées à Hong-Kong, je recommande cette excellente enquête photographique de Julien Brygo :
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-12-13-Profession-domestique

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hic 10 janvier 2013 - 10:52

Impressionnée par le fait que le nombre de travailleuses domestique aie tant augmenté en si peu de temps. Je le relie personnellement à l’augmentation des inégalités entre riches et pauvres, qui est une dynamique à mon avis essentielle pour comprendre ce secteur d’activité. Une peu plus de riches qui sont toujours plus riches emploient plus de pauvrEs toujours aussi voire plus pauvrEs. Voilà comment on crée de la « complémentarité »!

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