Accueil MédiasBruits et chuchotements Union européenne : parité au sommet et dans les critiques

Union européenne : parité au sommet et dans les critiques

par La rédaction

Ursula von der Leyen et Christine Lagarde

Pour la première fois, des femmes vont occuper deux des plus hauts postes de l’Union Européenne. Les critiques témoignent d’un début de banalisation de la parité, même si quelques commentaires sexistes subsistent.

Sur toutes les antennes, dans tous les journaux Mercredi 3 juillet, avant même d’indiquer la tendance politique ou la nationalité des personnalités qui vont occuper quatre des postes clés de l’Union européenne, c’est le sexe des nominé.e.s qui est annoncé : deux  femmes et deux hommes. Au terme de longues tractations entre chefs d’Etat, Ursula von der Leyen a été choisie pour présider la Commission européenne et Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne.  La nouvelle donne lieu à des exagérations : RFI a par exemple annoncé « à la Une : les femmes au pouvoir en Europe ». Un modeste « des femmes » aurait été plus approprié. Pour Courrier international « Les femmes prennent les commandes de l’Union européenne » Le Figaro voit «Deux femmes pour sortir de la crise», le Télégramme titre sur «Deux femmes à la tête de l’Europe» L’Usine Nouvelle n’hésite pas à titrer « Christine Lagarde et Ursula von der Leyen, nouvelles patronnes de l’Europe » Plus modéré, Libération a consacré sa Une à « la surprise de la cheffe », un long portrait de la nouvelle présidente de la Commission européenne.

Bien-sûr, on trouve forcément dans la presse des propos à côté de la plaque comme ceux de Donald Tusk, président sortant du Conseil européen cité par The Guardian: « Je suis vraiment ravi. Après tout, Europe (princesse de la mythologie grecque) est une femme. Je crois que cela valait de coup d’attendre pour arriver à ce résultat. » Et nul ne peut ignorer que Ursula von der Leyen est mère de sept enfants. Certains l’appellent « la dame de fer » d’Angela Merkel…

Mais au-delà de ces quelques anecdotes de plus en plus rares lors de nominations de femmes à des postes de pouvoir, ces femmes politiques sont traitées par les médias comme leurs collègues masculins. C’est leur action politique et leur parcours qui est critiqué positivement ou négativement.

Parfois avec une férocité facile en s’appuyant sur la phrase de Françoise Giroud « La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. » C’est le cas dans un blog hébergé par Médiapart, (tandis que ce journal en ligne titre sur Christine Lagarde à la BCE: une femme sous allégeance). Sur Twitter, l’avocate et élue EELV à la mairie de Paris Caroline Mécary dit à peu près la même chose : « L’égalité est en marche et c’est heureux : voilà deux femmes de pouvoir qui ont autant de casseroles aux fesses que les hommes de pouvoir habituellement choisis. #Égalité »

Mais même si elles font l’objet de violentes attaques, les portraits qui les rhabillent auraient aussi bien pu être  dressés pour des hommes. C’est le cas de cette chronique de Jean-Michel Apathie sur Europe1

Les opposants restent dans le registre politique. Dans une interview à France Info, l’Eurodéputée La France Insoumise Manon Aubry évacue rapidement la question du sexe des nouvelles dirigeantes pour attaquer les politiques libérales menées jusqu’ici par Christine Lagarde ou la crainte de voir l’Europe défendre les intérêts économiques de l’Allemagne. Cesser de considérer les femmes de pouvoir comme des incongruités est un grand pas pour l’égalité.

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2 commentaires

2 commentaires

Redeler 5 juillet 2019 - 20:14

Bonjour,

si je comprends bien du moment que ce sont des femmes qui prennent la tête de la commission européenne et de la BCE, même si elles ont de grosses casseroles derrière elles, tout va bien et c’est même génial ?

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Isabelle Germain 26 juillet 2019 - 11:06

non, nous disons qu’elles sont davantage critiquées pour leurs casseroles que pour le fait d’être des femmes et c’est un début de « banalisation de la parité » assez bienvenu

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