Grâce à l’initiative citoyenne Ma Voix Mon Choix, des fonds européens pourront désormais financer l’accès à l’IVG pour toutes les femmes, dans tous dans les pays de l’Union Européenne.

1 124 513. C’est le nombre de signatures récoltées par l’initiative citoyenne Ma Voix Mon Choix dans les 27 pays membres de l’Union Européenne (UE). Créée en 2024, cette pétition réclamait que « l’UE finance les soins liés à l’avortement pour toute personne dans l’UE qui n’y a pas accès ». Grâce à une importante mobilisation, la Commission Européenne a examiné cette demande et a rendu son verdict le 26 février 2026. Victoire : tous les pays européens vont désormais pouvoir mobiliser le Fonds social européen (FSE+) afin d’améliorer l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).
Lire : IVG : la pétition Ma Voix Mon Choix va être examinée par la Commission Européenne
Garantir un accès gratuit à l’IVG dans toute l’UE
L’avortement est un droit fondamental. Suite aux revendications de Ma Voix Mon Choix, la Commission Européenne a choisi de le défendre. Si l’institution a refusé la création d’un fonds dédié, les États membres pourront recourir au Fonds social européen (FSE+) dans le but de financer l’avortement de certaines femmes européennes confrontées à des législations contraignantes. Concrètement, ce fonds européen permettra aux femmes de voyager dans l’Union européenne afin de bénéficier d’une IVG légale et/ou gratuite.
De manière plus globale, le FSE+ a pour but de garantir l’accès aux soins de santé et de réduire les inégalités. Pour la période 2021-2027, son budget est de 142,7 milliards d’euros.
Il suffira d’une crise…
À l’heure actuelle, l’IVG est légalisée ou dépénalisée dans 25 pays membres, sur 27, sans conditions restrictives. Mais les législations sur l’avortement sont loin d’être harmonisées dans toute l’UE. Lire : Le droit à l’IVG bouge en Europe
Même lorsque l’IVG est autorisée, des obstacles persistent : déserts médicaux, clause de conscience, délais restrictifs et coût économique. Si l’avortement est gratuit et entièrement couvert par l’Assurance maladie en France, ce n’est pas le cas dans certains pays, où avorter représente un coût élevé. C’est ce qui a motivé l’initiative citoyenne Ma Voix Mon Choix à réclamer une aide européenne afin de rendre l’IVG accessible à toutes les femmes résidant dans l’Union Européenne.
Dans certains pays, l’avortement reste toujours pénalisé. À Malte, qui a autorisé l’IVG seulement en 2023, l’avortement est possible uniquement si la vie des femmes est en danger et que le fœtus n’est pas viable. En Pologne, l’avortement est seulement autorisé en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Or, la criminalisation de l’IVG pousse les femmes qui veulent avorter à se mettre en danger. «Des femmes meurent encore parce qu’on leur a refusé l’avortement », s’insurge l’initiative Ma Voix Mon Choix. Loin d’être sanctuarisé, le droit à l’avortement est de plus en plus menacé dans le monde entier face à la montée des mouvements conservateurs. Lire : La guerre contre le droit à l’avortement s’intensifie
: « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant », appelait Simone de Beauvoir en 1949 à la parution de son essai Le Deuxième Sexe. Presque dix ans après MeToo, le backlash masculiniste s’intensifie. Mais la contre-offensive féministe, telle que l’initiative Ma Voix Mon Choix, resiste pour protéger les droits des femmes.
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