Plus de six jeunes de 18 à 21 ans sur dix déclarent avoir subi au moins une violence sexuelle au cours de leur vie, selon l’enquête nationale VAVISA 2026, menée par l’association Contre les violences sur mineurs. Un résultat alarmant, qui met aussi en lumière la précocité des violences et le poids des violences intrafamiliales.

« Faire plaisir à l’autre », « ne pas avoir pu bouger », « menacé, violenté ou tenu par la force » ou « sous l’effet de l’alcool ou de drogues ». L’enquête « Vavisa » (Vie Affective et les Violences Sexuelles à l’Adolescence), commandée par l’association Contre les violences sur mineurs (CVM), met la lumière sur l’ampleur des violences sexuelles chez les 18-21 ans.
63% des 18-21 ans ont subi une violence sexuelle
Pour évaluer l’ampleur de ces violences, l’association a mis au point un questionnaire anonyme décrivant différentes circonstances. « Certaines de ces situations ont ensuite été qualifiées de violences au moment de l’analyse, au regard des circonstances rapportées », précise l’étude.
Résultat : parmi les 2.269 jeunes interrogés, 63 % des 18-21 ans, soit plus d’un jeune sur deux, déclarent avoir subi au moins une fois un acte de violence sexuelle au cours de leur vie. Dans le détails, l’étude révèle un large spectre des violences. Déjà, si 88% des 18-21 ans délcarent avoir déjà visionné de la pornographie, 56 % rapportent y avoir été exposé sans l’avoir souhaité. L’étude évalue l’âge moyen de cette première exposition à 13 ans. En outre, 46 % des jeunes ont déjà reçu des contenus à caractère sexuel non sollicités.
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Autre enseignement préoccupant: 37,1 % des répondants révèlent avoir déjà connu un acte sexuel « sans en avoir envie ». 21,9 %, soit plus d’un jeune sur cinq, témoignent de faits de pénétration orale, vaginale et anale dans des circonstances relevant d’un viol, comme l’ont estimé les auteurs de l’étude à partir des réponses. Pour une pénétration vaginale, seulement 66,1 % des interrogés (70,7 % des garçons et 62,4 % des filles) ont déclaré avoir souhaité « qu’elle ait lieu à ce moment-là ». 34,5 % des jeunes évoquent le fait de ne « pas avoir pu bouger ». 21,8 % rapportent avoir été « menacé, violenté ou tenu par la force ». 20,6 % témoignent avoir été « sous l’effet de l’alcool ou de drogues ».
Ces violences s’étendent jusqu’à l’exploitation sexuelle. 5,3 % des jeunes interrogés ont révélé avoir déjà reçu une contrepartie financière pour un acte sexuel ou un contenu sexuel en ligne. Le risque de l’exploitation sexuelle prend de l’ampleur chez les 18-21 ans, puisque 24 % connaissent une personne ayant été exploitée et 17 % l’envisagent.
Des facteurs de risque
L’étude de CVM met la lumière sur les violences commises dans la sphère familiale. Parmi les 63% des 18-21 ans ayant subi au moins une fois un acte de violence sexuelle au cours de leur vie, 9 % dénoncent un caractère incestueux. Lorsque les violences sexuelles sont commises par un membre de la famille, l’âge moyen des victimes est de 9 ans (8,7 ans chez les filles et 9,7 ans chez les garçons). Dans 80% des cas, l’agresseur est un homme. L’étude précise également que les cousins sont les plus représentés parmi les mis en cause. Cela fait écho à la proposition de la loi intégrale contre les violences sexuelles qui revendique la qualification d’inceste lorsqu’il est comis par un cousin ou une cousine, puisque jusqu’à présent cela n’était pas jugé comme tel.
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Parmi les interrogés, les violences sexuelles grimpent jusqu’à 80% pour ceux suivis par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et à 87% pour la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). L’étude détaille aussi l’ampleur des violences sexuelles chez les jeunes ayant des difficultés psychologiques ou un trouble de santé mentale (80 %) ou encore un handicap physique (67 %). À partir de ces analyses, établies à partir d’un questionnaire anonyme, l’association CVM tire la sonnette d’alarme.
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