Après les filtres Instagram et la « dysmorphie Snapchat », une nouvelle tendance sexiste fait rage sur les réseaux sociaux : la « Korean baseball trend ». Des vidéos générées par IA qui entretiennent des standards de beauté féminine fantasmés et irréalistes.

Le sexisme façonne le visage de l’IA et vice-versa. Il y a quelques mois, l’outil d’intelligence artificielle Grok, élaboré par le réseau social X, était utilisé par des millions d’internautes pour déshabiller les femmes sur internet à partir d’une simple photo. Lire : L’IA sexiste d’Elon Musk déshabille les femmes
Aujourd’hui, le corps des femmes est de nouveau la cible de l’IA. Ces dernières semaines, des vidéos montrant des femmes au « visage parfait », assistant à des matchs de sports divers, ont circulé massivement sur les réseaux sociaux. Or, ces visages sont le produit de l’IA.
L’IA aggrave le sexisme en ligne
Tout part d’un homme qui commente le corps d’une femme. Le 2 mai 2026, sur X, un internaute poste une vidéo d’une femme, qui semble être d’origine coréenne, assistant à un match de baseball et écrit : « The average Korean woman » (la femme coréenne moyenne). Le post cumule 15 millions de vues en seulement quelques jours. Première réaction : une vague nocive de commentaires misogynes et racistes. Deuxième réaction : c’est le pot-aux-roses puisque la vidéo, et la femme qui y apparait, ont été générées par IA.
Mais la tendance s’enflamme. L’application Kling AI, permettant de convertir un simple selfie en une vidéo retouchée et ultra réaliste, devient, en seulement quatre jours, numéro une sur l’AppStore. Plusieurs internautes, notamment des femmes, ont généré d’autres vidéos du même genre dans le but de « s’embellir ».
Les femmes générées par l’application se ressemblent : toutes ont la peau extrêmement lisse, pas une ride, des pommettes saillantes, des petits nez et un maquillage sans défaut. Des visages « parfaits » qui reflètent les diktats patriarcaux de la beauté féminine. Avec son commentaire « the average Korean woman », l’internaute impose une norme de beauté irréaliste à laquelle toutes les femmes doivent ressembler.
Une tendance qui aggrave la dysmorphophobie
Cette tendance surfe sur un phénomène qui, lui, n’est pas nouveau. Les corps des femmes sont mitraillés d’injonctions à la minceur et à la jeunesse. Dès 2011, le réseau social Instagram introduit les premiers « filtres » qui retouchent la lumière. Dans ce sillage, l’application FaceTune voit le jour en 2013 et met au point des paramètres permettant d’affiner son nez et de gonfler ses lèvres en photo. La technologie se généralise à toutes les plateformes.
Le phénomène s’aggrave au point que les chirurgiens esthétiques parlent même de « dysmorphie de Snapchat » quand de plus en plus de patientes leur présentent des selfies d’elles-mêmes retouchés avec des filtres de l’application comme photo de référence pour leur opération.
Ces « tendances » alimentent la dysmorphophobie. Cette perception déformée de son propre corps impacte en grande majorité les jeunes filles. En 2021, « The Facebook Files », révélés par une enquête du Wall Street Journal, indiquent que 32% des adolescentes se sentent davantage mal dans leur corps après avoir utilisé le réseau social Instagram. Un terreau fertile pour l’anorexie. En 2025, sur TikTok, c’est le #SkinnyTok qui fait polémique en valorisant l’extrême maigreur. Alors que le fléau des deepfakes sexuels pullule sur les réseaux sociaux, une conception sexiste de l’IA continue d’attaquer le corps des femmes.
À lire dans LesNouvellesNews.fr :
LE « DEEP FAKE » PORNOGRAPHIQUE : COMME TAYLOR SWIFT, LES FEMMES SONT EN PREMIÈRE LIGNE
CORÉE DU SUD : LES FÉMINISTES LUTTENT CONTRE LE FLÉAU DES DEEPFAKES
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : LES FEMMES L’UTILISENT MOINS QUE LES HOMMES… ET ALORS ?
ET MAINTENANT : MISS INTELLIGENCE ARTIFICIELLE !
IA ET SEXISME : QUI PAIE ? POUR PROPAGER QUOI ?
SOUS COUVERT DE LIBERTÉ D’EXPRESSION, LES CONTENUS PORNOGRAPHIQUES SONT AUTORISÉS SUR X
ENCORE DES ATTAQUES SEXISTES CONTRE UNE YOUTUBEUSE APRÈS LE GP EXPLORER
RÉSEAUX SOCIAUX : LES ALGORITHMES INVISIBILISENT LES MESSAGES FÉMINISTES
