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Message de Coline Serreau pour remettre les idées à l’endroit

par La rédaction

Coline Serreau à la SACD le 3 décembre 2019. ©SACD/LNPHOTOGRAPHERS

Coline Serreau a écrit ce texte puissant face à un virus révélant un « monde qui marche sur la tête ». La réalisatrice connue pour Trois hommes et un couffin, est aussi l’autrice de films et livres visionnaires, écolos, féministes, humanistes et généreux comme Mais qu’est-ce qu’elles veulent ?, Chaos, La belle verte,  La crise ou encore  Solutions locales pour un désordre global sorti en 2010. Les Nouvelles News avaient alors eu le plaisir de l’interviewer.  Déjà, elle dénonçait un monde qui marche sur la tête et rassemblait des idées pour le remettre à l’endroit. Ici, elle se révolte contre une économie qui ruine notre système immunitaire, se réjouit de l’intelligence collective du peuple, de l’annulation du Festival de Cannes et appelle à contrer l’épidémie par la prévention.

 

« LE MONDE QUI MARCHAIT SUR LA TÊTE EST EN TRAIN DE REMETTRE SES IDÉES A L’ENDROIT

Le gouvernement gère l’épidémie comme il peut… mais les postures guerrières sont souvent inefficaces en face des forces de la nature. Les virus sont des êtres puissants, capables de modifier notre génome, traitons-les sinon avec respect, du moins avec modestie.

Apprenons à survivre parmi eux, à s’en protéger en faisant vivre l’espèce humaine dans des conditions sanitaires optimales qui renforcent son immunité et lui donnent le pouvoir d’affronter sans dommage les microbes et virus dont nous sommes de toute façon entourés massivement, car nous vivons dans la grande soupe cosmique où tout le monde doit avoir sa place. La guerre contre les virus sera toujours perdue, mais l’équilibre entre nos vies et la leur peut être gagné si nous renforçons notre système immunitaire par un mode de vie non mortifère.

Dans cette crise, ce qui est stupéfiant c’est la rapidité avec laquelle l’intelligence collective et populaire se manifeste.

En quelques jours, les français ont établi des rites de remerciement massivement suivis, un des plus beaux gestes politiques que la France ait connu et qui prolonge les grèves contre la réforme des retraites et l’action des gilets jaunes en criant haut et fort qui et quoi sont importants dans nos vies.

Dans notre pays, ceux qui assurent les fonctions essentielles, celles qui font tenir debout une société sont sous-payés, méprisés. Les aides-soignantes, les infirmières et infirmiers, les médecins qui travaillent dans les hôpitaux publics, le personnel des écoles, les instituteurs, les professeurs, les chercheurs, touchent des salaires de misère tandis que des jeunes crétins arrogants sont payés des millions d’euros par mois pour mettre un ballon dans un filet.

Dans notre monde le mot paysan est une insulte, mais des gens qui se nomment « exploitants agricoles » reçoivent des centaines de milliers d’euros pour faire mourir notre terre, nos corps et notre environnement tandis que l’industrie chimique prospère.

Et voilà que le petit virus remet les pendules à l’heure, voilà qu’aux fenêtres, un peuple confiné hurle son respect, son amour, sa reconnaissance pour les vrais soldats de notre époque, ceux qui sont prêts à donner leur vie pour sauver la nôtre alors que depuis des décennies les gouvernements successifs se sont acharnés à démanteler nos systèmes de santé et d’éducation, alors que les lobbies règnent en maîtres et arrosent les politiques avec le fric de la corruption.

Nous manquons d’argent pour équiper nos hôpitaux, mais bon sang, prenons l’argent où il se trouve, que les GAFA payent leurs impôts, qu’ils reversent à la société au minimum la moitié de leurs revenus. Car après tout, comment l’ont-ils gagné cet argent ? Ils l’ont gagné parce qu’il y a des peuples qui forment des nations, équipées de rues, d’autoroutes, de trains, d’égouts, d’électricité, d’eau courante, d’écoles, d’hôpitaux, de stades, et j’en passe, parce que la collectivité a payé tout cela de ses deniers, et c’est grâce à toutes ces infrastructures que ces entreprises peuvent faire des profits. Donc ils doivent payer leurs impôts et rendre aux peuples ce qui leur est dû.

Il faudra probablement aussi revoir la question de la dette qui nous ruine en enrichissant les marchés financiers. Au cours des siècles passés les rois de France ont très régulièrement décidé d’annuler la dette publique, de remettre les compteurs à zéro.

Je ne vois pas comment à la sortie de cette crise, quand les comptes en banque des petites gens seront vides, quand les entreprises ne pourront plus payer leurs employés qui ne pourront plus payer les loyers, l’électricité, le gaz, la nourriture, comment le gouvernement pourra continuer à gaspiller 90% de son budget à rembourser une dette qui ne profite qu’aux banquiers.

J’espère que le peuple se lèvera et réclamera son dû, à savoir exigera que la richesse de la France, produite par le peuple soit redistribuée au peuple et non pas à la finance internationale. Et si les autres pays font aussi défaut de leur dette envers nous, il faudra relocaliser, produire de nouveau chez nous, se contenter de nos ressources, qui sont immenses, et détricoter une partie de la mondialisation qui n’a fait que nous appauvrir.

Et le peuple l’a si bien compris qu’il crie tous les soirs son respect pour ceux qui soignent, pour la fonction soignante, celle des mères, des femmes et des hommes qui font passer l’humain avant le fric.

Ne nous y trompons pas, il n’y aura pas de retour en arrière après cette crise.

Parce que malgré cette souffrance, malgré ces deuils terribles qui frappent tant de familles, malgré ce confinement dont les plus pauvres d’entre nous payent le plus lourd tribut, à savoir les jeunes, les personnes âgées isolées ou confinées dans les EHPAD, les familles nombreuses, coincés qu’ils sont en ville, souvent dans de toutes petites surfaces, malgré tout cela, le monde qui marchait sur la tête est en train de remettre ses idées à l’endroit.

Où sont les vraies valeurs ? Qu’est-ce qui est important dans nos vies ?

Vivre virtuellement ? Manger des produits issus d’une terre martyrisée et qui empoisonnent nos corps ?

Enrichir par notre travail ceux qui se prennent des bonus faramineux en gérant les licenciements ?

Encaisser la violence sociale de ceux qui n’ont eu de cesse d’appauvrir le système de soin et nous donnent maintenant des leçons de solidarité ?

Subir une médecine uniquement occupée à soigner les symptômes sans se soucier de prévention, qui bourre les gens de médicaments qui les tuent autant ou plus qu’ils ne les soignent ? Une médecine aux ordres des laboratoires pharmaceutiques ?

Alors que la seule médecine valable, c’est celle qui s’occupe de l’environnement sain des humains, qui proscrit tous les poisons, même s’ils rapportent gros. Pourquoi croyez-vous que ce virus qui atteint les poumons prospère si bien ? Parce que nos poumons sont malades de la pollution et que leur faiblesse offre un magnifique garde-manger aux virus.

En agriculture, plus on cultive intensivement sur des dizaines d’hectares des plantes transformées génétiquement ou hybrides dans des terres malades, plus les prédateurs, ou pestes, les attaquent et s’en régalent, et plus il faut les arroser de pesticides pour qu’elles survivent, c’est un cercle vicieux qui ne peut mener qu’à des catastrophes.

Mais ne vous faites pas d’illusions, on traite les humains les plus humbles de la même façon que les plantes et les animaux martyrisés.

Dans les grandes métropoles du monde entier, plus les gens sont entassés, mal nourris, respirent un air vicié qui affaiblit leurs poumons, plus les virus et autres « pestes » seront à l’aise et attaqueront leur point faible : leur système respiratoire.

Cette épidémie, si l’on a l’intelligence d’en analyser l’origine et la manière de la contrer par la prévention plutôt que par le seul vaccin, pourrait faire comprendre aux politiques et surtout aux populations que seuls une alimentation et un environnement sains permettront de se défendre efficacement et à long terme contre les virus.

Le confinement a aussi des conséquences mentales et sociétales importantes pour nous tous, soudain un certain nombre de choses que nous pensions vitales se révèlent futiles. Acheter toutes sortes d’objets, de vêtements, est impossible et cette impossibilité devient un bonus : d’abord en achetant moins on devient riches.

Et comme on ne perd plus de temps en transports harassants et polluants, soudain on comprend combien ces transports nous détruisaient, combien l’entassement nous rendait agressifs, combien la haine et la méfiance dont on se blindait pour se préserver un vague espace vital, nous faisait du mal.

On prend le temps de cuisiner au lieu de se gaver de junk-food, on se parle, on s’envoie des messages qui rivalisent de créativité et d’humour.

Le télétravail se développe à toute vitesse, il permettra plus tard à un nombre croissant de gens de vivre et de travailler à la campagne, les mégapoles pourront se désengorger.

Pour ce qui est de la culture, les peuples nous enseignent des leçons magnifiques : la culture n’est ni un vecteur de vente, ni une usine à profits, ni la propriété d’une élite qui affirme sa supériorité, la culture est ce qui nous rassemble, nous console, nous permet de vivre et de partager nos émotions avec les autres humains.

Quoi de pire qu’un confinement pour communiquer ? Et pourtant les italiens chantent aux balcons, on a vu des policiers offrir des sérénades à des villageois pour les réconforter, à Paris des rues entières organisent des concerts du soir, des lectures de poèmes, des manifestations de gratitude, c’est cela la vraie culture, la belle, la grande culture dont le monde a besoin, juste des voix qui chantent pour juguler la solitude.

C’est le contraire de la culture des officines gouvernementales qui ne se sont jamais préoccupées d’assouvir les besoins des populations, de leur offrir ce dont elles ont réellement besoin pour vivre, mais n’ont eu de cesse de conforter les élites, de mépriser toute manifestation culturelle qui plairait au bas peuple.

En ce sens, l’annulation du festival de Cannes est une super bonne nouvelle.

Après l’explosion en plein vol des Césars manipulés depuis des années par une mafia au fonctionnement opaque et antidémocratique, après les scandales des abus sexuels dans le cinéma, dont seulement une infime partie a été dévoilée, le festival de Cannes va lui aussi devoir faire des révisions déchirantes et se réinventer. Ce festival de Cannes qui déconne, ou festival des connes complices d’un système rongé par la phallocratie, par la corruption de l’industrie du luxe, où l’on expose complaisamment de la chair fraîche piquée sur des échasses, pauvres femmes porte-manteaux manipulées par les marques, humiliées, angoissées à l’idée de ne pas assez plaire aux vieillards aux bras desquels elles sont accrochées comme des trophées, ce festival, mais venez-y en jeans troués et en baskets les filles, car c’est votre talent, vos qualités d’artiste qu’il faut y célébrer et non pas faire la course à qui sera la plus à poil, la plus pute !

Si les manifestations si généreuses, si émouvantes des peuples confinés pouvaient avoir une influence sur le futur de la culture ce serait un beau rêve !

Pour terminer, je voudrais adresser une parole de compassion aux nombreux malades et à leurs proches, et leur dire que du fin fond de nos maisons ou appartements, enfermés que nous sommes, nous ne cessons de penser à eux et de leur souhaiter de se rétablir. Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. Cette prière ne remplacera jamais les soins de l’hôpital, le dévouement héroïque des soignants et une politique sanitaire digne de ce nom, mais c’est tout ce que je peux faire, alors je le fais, en espérant que les ondes transporteront mon message, nos messages, d’amour et d’espoir à ceux qui en ont besoin. » 

Lire : « #colineserreau » , Actes Sud 2019. Un livre de « Mémoires fragmentaires » en 23 hashtags.

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20 commentaires

20 commentaires

de verneuil 1 avril 2020 - 10:29

C’est un peu facile de taper à ce point sur une société dont on fait partie et dont on a profité aussi. Coline Serreau a participé en son temps aux Césars et au Festival de Cannes. Elle a vécu d’un ou plusieurs succès remportés dans cette société même.
Je n’aime pas la haine qui émaille ce texte.
Quant aux bienfaits du confinement, certes, il y en a et je les vis. Mais il faut aussi une certaine décence par rapport à tous ceux qui en souffrent vraiment : un peu ras le bol de tous ces textes « philosophico-bienveillants » de tous ceux qui sont privilégiés et que tous ceux de cette même classe encensent. Tout cela est bien facile.

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Nizard 2 avril 2020 - 12:34

merci Madame Coline Serreau d’abord d’avoir eu le courage de parler au nom des personnes qui n’osent pas s’exprimer comme l’a fait si bien Madame Adèle Haenel . Votre texte m’a touché pour le bien de nous tous, vivant sur cette planète que nous massacrons
Et pour notre métier. Elsa (Maquilleuse cinéma et spectacles .

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Benoît de Cornulier 30 avril 2020 - 04:10

Elle a surtout réussi l’exploit de faire une brèche, à force d’un talent rare, dans un mode dominé par les MECS, par les financiers, manœuvré et mobilisé par des machines dirigées par le fric, la frénésie du paraître et l’appât des pouvoirs. Bravo, elle ne s’y est pas perdue. Merci à elle pour sa bienveillance, oui, son amour de la vie, la vraie vie, universelle.

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Dominique Hiernard 1 avril 2020 - 10:47

Serait ce que ce texte, qui dit si vrai, vous dérange ? Grand respect à Coline Serrault et à son œuvre. Un regard tellement juste sur nos sociétés, et leur mépris des hommes!

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Hubert Babey 1 avril 2020 - 12:37

Heureux pays où on peut écrire des discours de ce genre. Dans certains pays autoritaire, je n’ose pas penser au consecences. Mais.bien sûr elle a raison et osé le dire.

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Fournier Maryse 1 avril 2020 - 15:08

C’est très intéressant
J’ai proposé ce matin, dans un commentaire que faisait une personne sur l’absurdité de faire une attestation, de visionner « la belle verte », pour que certains voient l’absurdité de leurs propos et de la mentalité humaine, et là vous parlez de Coline Serreau.

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Aladin 1 avril 2020 - 18:04

Coline, ne pensez-vous pas que nous devrions profiter du confinement pour imaginer comment produire autrement ? A quoi sert de réfléchir à consommer autrement les poisons agricoles et les armes que nous nous obstinons à produire ? Sommes-nous condamné-e-s à produire des biens et des services de façon aussi stupide qu’en obéissant à quelques humains devenus fous d’exiger cela de nous ? Le Travail n’est-il pas une forme de production de biens et services totalement obsolète ? Que donnerait une organisation passionnée de la Production de biens et services ? Une façon de produire organisée comme dans les orchestres amateur, ou les équipes sportives amateur : des équipes que l’on choisit d’intégrer et qui nous accepte en fonction de notre talent ou notre envie d’apprendre. On s’épanouirait en produisant ce que l’on choisit de produire, plus besoin de consommer n’importe quoi pour se consoler de la dure vie qu’impose le Travail …
Alors, à quand un nouveau et génial film de fiction, par Coline Serreau, sur la société de l’Association passionnée ?
Aladin

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Mme theryca 1 avril 2020 - 19:03

Merci de tout coeur à Coline Serreau pour cet excellent texte.
Je retiens surtout cette phrase : « Je ne suis pas croyante, les prières m’ont toujours fait rire, mais voilà que je me prends à prier pour que tous ces gens guérissent. »
Voilà la véritable raison d’être de ce genre de calamité. Il s’agit de remettre les esprits à l’endroit. On peut se moquer de telle ou telle religion mais au grand jamais de la prière. La prière du coeur, ce sont des ondes de bienveillance qui atteignent ceux à qui elle est destinée. Cela, ce n’est plus de la croyance, on sait que ce sont des faits. Nos pensées construisent notre destinée encore plus sûrement que notre nourriture construit notre corps. Alors rêvons l’après crise dans nos maison, chaque jour et sans jamais plus abandonner. Boycottons tout ce qui est contraire à notre conscience, quoi qu’il nous en coûte sur le moment. C’est le seul chemin pour un monde meilleur. Je recommande la lecture de ce livre « Témoins Posthumes » de G Bourniquel. C’était un homme matérialiste convaincu qui a prouvé en essayant de démontrer ses thèses que le monde continue au-delà de la mort : nous conservons notre caractère, nous ne perdons que notre corps physique…

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Ana 2 avril 2020 - 00:48

Quelle bonheur de lire ce texte! Je le partage immédiatement!

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LOUMAYE DOMINIQUE 2 avril 2020 - 05:33

Et maintenant qu’est-ce qu »on FAIT ?
Se pâmer d’admiration n’a jamais amélioré la vie de ceux qui n’en ont pas !!!!

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Gérard 2 avril 2020 - 08:07

———- Message transféré ———
De : GERARD dominique
Date : jeu. 2 avr. 2020 à 07:58
Objet : Re: texte de Coline Serreau qui ne mâche pas ses mots…
À : Bernard GLANTZLEN

à propos des des putes: la comparaisons au festival de cannes ce n’est pas bien sympa. pour elles: les rabaisser, pauvres putes qui n’ont souvent pas d’autre choix et qui ne font que leur boulot: subvenir aux phantasmes des mâles confits dans leurs perversions.
Sinon concrètement, on fait quoi et comment?
Quand la crise sera passée, je crains le retour à la norme: chassez le naturel, il revient au galop

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Mansion 2 avril 2020 - 11:34

Un beau texte en effet. Une image certes deletaire de notre société, mais si vrai. Cependant, la question est : qu’est-ce qu’on fait ? Car si nous ‘nous contentons de prier (ce qui à mon sens fait partie des attirails qui font que nous acceptons l’ordre établi), pendant ce temps nos riches s’organisent pour repartir de plus belle.,. Sur notre dos…et tant pis pour la caisse sociale. Alors qu’est-ce qu’on attend ?

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Alain ROMMENS 2 avril 2020 - 16:57

Il y a beaucoup de vrai dans ce que vous dites, mais les dirigeants qui en appellent aujourd’hui au soutien des personnels soignants, sont les mêmes qui ont ruiné notre potentiel pharmaceutique et hospitalier.
Les puissants, qui maîtrisent aussi notre patrimoine culturel, cinématographique et autres,profitent de la crise sanitaire pour nous  » asséner les bons gestes  »
Ne vous trompez pas,
Alain Toulouse

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Mme theryca 4 avril 2020 - 10:10

« Car si nous ‘nous contentons de prier (ce qui à mon sens fait partie des attirails qui font que nous acceptons l’ordre établi… » :
Je suis une personne particulièrement rebelle tout en étant adepte de la prière du coeur, ces deux aspects sont donc compatibles. Je parle de ce que je connais. La prière, ce sont des pensées, positives si possible, mais puisque ce sont des pensées, tout le monde prie à sa façon. Et c’est la résultante de nos pensées intimes qui crée notre destinée. Quand vous achetez un billet d’avion, vous priez sans le savoir que l’avion ne s’écrase pas au milieu de l’océan. Pourquoi Coline Serreau s’est-elle mise à prier après s’être moquée ? parce qu’une vie agitée nous étourdit et la prière du coeur vient quand on est arrêté. La prière est une fonction qui est naturelle mais que nous refoulons. Pourquoi ne voit-on pas les résultats de la prière ? Parce que les ondes n’agissent pas de façon aussi rapide que nos muscles. Nos pensées doivent être pures de toute scorie et cohérentes, à chaque instant, et au fil des années.

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Charret Agnes 2 avril 2020 - 19:36

Bravo Coline vous m’enlevez les mots de la bouche. Si seulement j’avais une once de votre talent…je serais peut-être plus dure. Vous parlez de soigner les symptômes au lieu de prévention. N’est ce pas le rôle de l’homéopathie de soigner les causes plutôt que les symptômes, qui vient d’être taxée de placebo….j’ai mal pour Samuel hahnemann qui avait un taux de guérison de 96 pour cent sur des malades du choléra lors de la grande épidémie de 1831. Sur sa tombe il est écrit : Non inutilis vicci-ma vie na pas été inutile. Si seulement nous avions encore des Samuel Hahnemann et non des gens creux et nuls pour diriger cette crise. Continuez Coline toute votre œuvre est géniale mais normal vous êtes géniale je vous aime.

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Mireille GARREL 3 avril 2020 - 10:40

Bonjour Coline,

votre discours est poignant mais tellement vrai!
Après 30 années passée dans le social ou j’ai aidé les plus démunis, j’ai dû en sortir car la politique d’aide ne correspondait plus à mes convictions, trop d’écœurement face aux directives qui nous ont été donné!
Je ne sais pas si cette épreuve que nous traversons changera les choses: l’humain a la mémoire courtes quand il s’agit de retourner à son confort!
Mais bravo car vous avez dit les choses qui me révolte au plus profond de moi, mais je n’aurai pas eu le talent de les dire comme vous venez de le faire! quel talent d’humanité!

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Mélanie 4 avril 2020 - 11:45

Je suis impressionnée par autant de belles idées toutes faites.
Mme SERREAU appelle de ses voeux des messages d’amour et d’humour et pas une once de tout ça dans son texte.
Trop long évidemment de tout commenter.
Le télétravail? bravo, oui, une bien belle invention: rester vissé devant son PC durand des heures, sans d’autre lien avec ses collègues et son employeur que des mails brefs ou des messages whatsapp. Très épanouissant.
La campagne? il faut une voiture, voire deux quand on est en couple avec enfants.
Quand tous les rats des villes iront à la campagne faire du télétravail, je doute que les rats de champs les voient arriver d’un bon oeil et ils auront bien raison: désengorger les mégapoles pour engorger les campagnes, quelle idée géniale!!!
La corruption dans nos pays qui sert à arroser de frics nos politiques? Je vous invite à lire un excellent roman: « Et j’ai couru vers le Nil » d’Alaa El Aswany. On y découvre ce qu’est un pays vraiment rongé par la corruption.
On achètera moins de choses superflues? Pour certains, le superflu, c’est le cinéma, la littérature et la philosophie « qui ne sert à rien ».
Aller chercher le fric là où il est, chez les GAFA..Qu’ils payent leurs impôts et peut-être même plus? oui, on ne peut qu’être d’accord. Pour le reste: je rappelle que leurs revenus monstrueux proviennent de leur utilisation massive, que le chiffre d’affaires d’Amazone a explosé depuis le début de cette crise sanitaire et que les gilets jaunes ont largement utilisé facebook sans lequel ils n’auraient pas vu le jour.
J’admire les gens comme Mme SERREAU, ils sont vraiment très forts: ils posent les vraies questions et apportent les vraies réponses, savent que qu’est la vraie culture, le vrai peuple, ce qu’est le superflu, la vraie façon de se soigner, de résoudre les problèmes économiques et sociaux et même de s’habiller pour aller à un festival.
Un peu moins de vrai manichéisme et un peu plus de vraie humilité ne seraient pas superflus.

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Benoît de Cornulier 30 avril 2020 - 04:02

C. Serreau nous a entre autres et bien avant cet article offert une œuvre cousue d’intelligence, de beauté et d’humour, qui a fait bouger bien des esprits. Faites mieux qu’elle dans de prochaines lignes, ici ou partout où vous le voudrez-pourez :-). Elle vous en remerciera et nous aussi. A demain?
Benoît

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Simon Didier 4 avril 2020 - 22:33

Très beaux qui reflet la vraie réalité de la vie j’espere que tous simplement toutes les classes sociales de notre pays auront compris que la vrai vie se n’ai pas l’argent qui fait notre bonheur mais toutes les personnes qui ont un cœur à nous faire vivre ensemble et dans la dignité bravo et merci encore pour ces petits mots qui nous touche profondément

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PARAMELLE 17 avril 2020 - 16:56

Bonjour,
J’ai été très intéressé par le texte de Madame Coline Serreau. Les passages sur le monde agricole m’ont inspiré une rédaction que je souhaite vous transmettre. Pouvez vous m’indiquer comment je peux m’y prendre?
Acceptez mes remerciements pour l’attention que vous porterez à ma requête.

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