La santé des femmes reste négligée par la recherche médicale. La preuve : un guide espagnol pour prévenir les risques associés à la ménopause a été conçu à partir d’études menées majoritairement sur des hommes.

La santé des femmes continue d’être une affaire d’hommes. Un rapport de l’Agence espagnole pour la sécurité alimentaire et la nutrition (AESAN) sur l’alimentation et les habitudes saines pendant la ménopause, fait polémique. La raison ? L’étude repose sur des essais menés exclusivement sur des hommes.
Les femmes sont peu représentées dans les essais cliniques
Alimentation riche en protéines, en oméga-3, en fibres, en calcium, en fer et en vitamines et une activité physique régulière. Le rapport de l’AESAN établit plusieurs recommandations afin de prévenir la perte de masse osseuse et musculaire ou encore les problèmes cardiovasculaires pouvant être associés à la ménopause… sauf que. Ces conseils tirent leurs conclusions à partir des données de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), dont les études ont été menées sur des populations majoritairement masculines. Suite à la polémique, l’AESAN a reconnu une « omission d’avertissement ».
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C’est symptomatique d’une recherche scientifique qui n’investit pas dans la santé des femmes. Le corps masculin continue d’être la norme… même lorsqu’il s’agit d’un vécu propre aux corps des femmes, comme la ménopause. Face à la polémique, la ministre espagnole de l’Égalité, Ana Redondo, s’est indignée sur X : « Il est grand temps que les femmes soient représentées dans les programmes et les études en matière de santé, et que le corps masculin cesse d’être la référence universelle pour tout, y compris pour les questions liées à la ménopause ».
Les femmes passent 25 % de leur vie en moins bonne santé que les hommes
La sous-représentation des femmes dans les essais cliniques et le manque d’investissement dans la recherche sur la santé des femmes sont lourds de conséquences. Les femmes passent 25 % de leur vie en moins bonne santé que les hommes, a estimé un rapport du Forum économique mondial et du McKinsey Health Institute, publié en 2025.
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Concrètement, les femmes sont diagnostiquées quatre ans plus tard que les hommes en moyenne. Il faut dire que les femmes ne représentent que 22 % des participants aux essais cliniques de phase 1. Résultat : le syndrome prémenstruel (SPM), la ménopause, les problèmes de santé maternelle, le cancer du col de l’utérus et l’endométriose représentent 14 % de la charge de morbidité chez les femmes, pourtant seulement 1% du financement cumulé de la recherche a été alloué à ces pathologies entre 2019 et 2023.
Or, ces inégalités de prise en charge et de soin coûtent cher. Si elles parvenaient à être comblées, cela pourrait générer au moins 1.000 milliards de dollars de croissance économique mondiale par an d’ici 2040, selon l’étude du Forum économique mondial et du McKinsey Health Institute. Mais à l’heure actuelle, la santé des femmes continue d’endosser le coût du sexisme.
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