Dans les films français sortis en 2023, 9% des rôles ont été attribués à des femmes de plus de 50 ans indique le baromètre d’AAFA-Tunnel.
« Attention ! Rapprochez-vous d’un défibrillateur, nous sortons notre dernier comptage des rôles par genre et âge dans les films français de 2023 ! » Dans leur newsletter « L’écho du tunnel des 50 » les autrices du baromètre AAFA (Actrices & Acteurs de France Associés)-Tunnel de la Comédienne de 50 ans, gardent le sens de l’humour… Pourtant, les nouveaux chiffres ne font pas rire.
9% des rôles ont été attribués à des femmes de plus de 50 ans dans les films français sortis en 2023. « En 2021, c’était 7% ; en 2020, 9 % ; en 2019, 8% ; en 2016, 6% ; et en 2015, 8 %. Autant dire que rien ne bouge. » écrivent-elles. « Au risque de nous répéter, quand l’âgisme pointe le bout de son nez, son copain relou le sexisme n’est jamais très loin ! »… et dans les chiffres révélés par ce baromètre, le sexisme le dispute à l’âgisme.
Disparitions
Dans la vraie vie, les hommes représentent une personne majeure sur 4 en France. Et les rôles d’hommes de plus de 50 ans représentent une personne sur 5 sur grand écran.
Les femmes représentent également une personne majeure sur 4 dans la vraie vie… Mais seulement une sur 11 à l’écran.
Ensemble, les plus de 50 ans obtiennent 28% des rôles tenus dans des films en 2023. Mais c’est 19% pour les hommes et 9% pour les femmes.
Le sexisme se porte bien tous âges confondus. Sur grand écran, les femmes ne représentent que 39% des rôles- et donc, les hommes 61%. Elles ont une fois et demie moins de chance de travailler que les hommes. Et ce chiffre se dégrade avec l’âge : elles ne représentent que 33% des plus de 50 ans
« Les femmes ne vieillissent toujours pas, elles disparaissent des écrans ! » répète AAFA-Tunnel de la Comédienne de 50 ans.
Et cette répartition des rôles varie peu selon le sexe des réalisateur·rices même si les femmes font un peu plus de place aux comédiennes de plus de 50 ans. Dans les films réalisés par des femmes, elles représentent 11% des rôles et les hommes de plus de 50 ans 18%. Et dans les films réalisés par des hommes, ces chiffres sont respectivement de 9% et 19%.
Culture de domination masculine
Le problème est plus culturel, voire anthropologique, qu’une question de sexe du réalisateur. Une culture de domination masculine persistante : « ce sont les mêmes mécanismes sexistes à l’œuvre qui objétisent les femmes jeunes au cinéma et les font disparaître des écrans lorsqu’elles ont passé 50 ans. » Le cinéma -comme l’ensemble des médias- véhicule un imaginaire de domination masculine et cet imaginaire se reproduit dans la société. Et les chiffres montrent que cette spirale tourne toujours.
Tout questionner
Pour casser cette spirale, il faut agir partout. Tout doit être questionné pour cesser de propager une culture de domination masculine du grand écran à la réalité et vice-versa.
Dans sa newsletter « L’écho du tunnel des 50 » donne l’exemple du casting en citant « Les annonces de casting qui nous hérissent le pilou-pilou. » Une annonce recherchant une femme de 45-55 ans est accompagnée de la photo du personnage recherché : la femme est, visiblement, plutôt septuagénaire… Et bien d’autres perles dans cette publication « rédigée avec l’arthrose d’Anne Buffet et Marina Pastor sous la cataracte de Catherine Piffaretti »
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