La prétendue plaisanterie tombe en plein conseil municipal… Les élu·es qui dénoncent ce propos sexiste sont ensuite accusé·es de troubler l’ordre public.
Le média indépendant Le Poing, qui couvre l’actualité de Montpellier et de l’Hérault, rapporte qu’un conseiller municipal de la majorité de Montpeyroux (Hérault), confronté à une urne qui refuse de s’ouvrir, lâche : « C’est comme les femmes, faut taper dessus. »
Deux élu·es d’opposition du collectif Montpeyroux Debout protestent immédiatement contre ces propos lâchés le 5 juin dernier lors du conseil municipal. L’auteur de la phrase ne se rétracte pas. Il confirme ses propos et accepte qu’ils figurent au procès-verbal de la séance, consulté par Le Poing.
« C’était une plaisanterie »
L’affaire ne s’arrête pas là. D’après le récit des élu·es d’opposition rapporté par Le Poing, plusieurs membres de la majorité auraient défendu cette sortie en expliquant qu’il ne s’agissait que d’une plaisanterie et qu’il fallait avoir davantage de « sens de l’humour ».
Argument classique : en présentant une remarque misogyne comme une blague l’auteur des propos se déculpabilise et met en cause celles et ceux qui refusent d’en rire.
Une tribune refusée
Les élu·es de Montpeyroux Debout décident alors de consacrer leur tribune dans le bulletin municipal à cet épisode. Selon Le Poing, la maire, Pauline Curtan, refuse cependant sa publication, estimant que le texte constituerait une « incitation à la haine » et serait « contraire à l’ordre public ». L’opposition y voit au contraire une remise en cause de son droit d’expression.
Faire disparaître les « écarts de langage »
Quelques jours plus tard, un projet de nouveau règlement intérieur est transmis au conseil municipal. Il prévoit notamment de limiter à deux minutes les prises de parole des élu·es et de ne plus faire figurer dans les procès-verbaux les « écarts de langage ou de comportement ».
Pour le collectif Montpeyroux Debout, ces dispositions posent un problème juridique. Les élu·es rappellent notamment que le Conseil d’État a déjà censuré des dispositions permettant d’expurger les procès-verbaux de certains propos.
Préfecture saisie et mobilisation citoyenne
Face à cette succession d’événements, le collectif a saisi la préfecture. Une manifestation citoyenne était également organisée le 9 juillet, avant le conseil municipal appelé à voter le nouveau règlement intérieur.
Interrogée par Le Poing, la maire de Montpeyroux a indiqué que ces différents sujets faisaient l’objet d’un examen avec l’avocate de la municipalité et qu’elle ne souhaitait pas faire de commentaire à ce stade.
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