L’auteur d’un commentaire sexiste lors d’un match de foot a été immédiatement suspendu par la chaîne qui l’employait et a présenté des excuses.
Un consultant « emblématique » de la chaîne BeIN sport a été suspendu pour avoir tenu des propos sexistes. Mieux : au moment où il tenait ses propos, le journaliste qui commentait le match avec lui a tenté de l’arrêter.
Samedi 31 janvier, Daniel Bravo, qui semble être un commentateur vedette de la chaîne BeIN Sport, a vite dérapé avec un petit rire satisfait en parlant de Gaëtane Thiney, directrice sportive de la section féminine du Paris FC.
« Elle parle lingerie »
Au moment où l’ex-internationale française apparaissait à l’écran, le commentateur a affirmé qu’elle n’était « pas très attentive » avant d’enchaîner : « J’ai l’impression qu’elle parlait lingerie ». Le journaliste Christophe Josse, à ses côtés, a tenté de l’arrêter en disant « non, non, non ». Mais l’homme a continué en parlant de « vêtements », dans un petit éclat de rire.
La scène a été relevée par les abonnés de la chaîne franco-qatarienne et les internautes qui ont commenté sur les réseaux sociaux. Face au tollé, BeIN Sports a publié un communiqué sur ses réseaux sociaux. « Nous regrettons sincèrement les propos tenus à l’antenne par l’un de nos consultants, et nous nous excusons auprès de la personne concernée, de nos abonnés et de toutes celles et ceux que ces propos ont pu heurter ».
C’est dans ce même groupe que travaille la journaliste Vanessa Le Moigne victime d’une vague de harcèlement suite à la finale de la Coupe d’Afrique des nations qu’elle commentait. Elle vient d’annoncer qu’elle arrêtait de couvrir le football à la fin de cette saison.
Sanction immédiate
BeIN Sports a donc décidé de sanctionner le sexisme sur son antenne. La direction de la chaîne a annoncé suspendre Daniel Bravo, avec effet immédiat. Une « décision qu’il comprend parfaitement », a fait savoir Florent Houzot, le directeur de la rédaction de BeIN, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse ajoutant même que Daniel Bravo avait fait acte de contrition. Il « regrette évidemment profondément ses propos » et qu’il avait « appelé Gaëtane pour s’en excuser ».
Même le Paris Football club s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer les propos « sexistes et déplacés » de l’ancien joueur, « contraires aux valeurs qu’il défend au quotidien »
Rien d’anodin
L’association Femmes journalistes de sport a, à nouveau, fait preuve de pédagogie : « Réduire une femme — ancienne internationale, joueuse emblématique et aujourd’hui directrice sportive du Paris FC Féminines — à des clichés sexistes n’a rien d’anodin. Ces paroles contribuent à banaliser le mépris et à fragiliser la légitimité des femmes dans le sport, qu’elles soient joueuses, dirigeantes, journalistes ou consultantes. »
A force de le répéter, il semblerait que ça finisse par rentrer dans les têtes… Mais pas toutes et l’évolution est encore fragile.
Le temps du sexisme « ordinaire » décomplexé et impuni n’est pas très loin. Mais on a parcouru du chemin depuis que, par exemple le très moderne « So foot » plaisantait avec le viol et menaçait LesNouvellesNews de procès pour l’avoir dénoncé (Lire : Foot, humour et « culture du viol »)
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