Le gouvernement a annoncé le remboursement partiel des protections périodiques réutilisables. Malgré leur enthousiasme, les associations féministes déplorent le manque d’encadrement de la qualité des produits.

Vers la fin de la précarité menstruelle ? Le 16 avril 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist et la ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes Aurore Bergé ont signé un décret pour la mise en place d’un dispositif de remboursement partiel des protections périodiques réutilisables. Un premier pas alors que les associations féministes réclament une nécessaire gratuité des produits menstruels. « La précarité menstruelle n’est pas une fatalité : c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination », s’engage la ministre de la Santé dans un communiqué.
Lutter contre la précarité menstruelle
4 millions de femmes souffrent de précarité menstruelle en France, selon une enquête de l’association Règles élémentaires. Résultat : « Chaque mois, elles doivent arbitrer entre l’achat de protections périodiques et d’autres dépenses essentielles, au détriment de leur santé, de leur dignité et de leur participation sociale, scolaire ou professionnelle », s’indigne l’association sur son site. « Aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c’est une question de santé et dignité », insiste Aurore Bergé.
Face à cette urgence sanitaire, la mesure du gouvernement a tardé à se concrétiser. Attendu depuis 2023, après une annonce d’Elisabeth Borne, alors Première ministre, le dispositif sera bien effectif «dès la rentrée universitaire » prochaine. Le progrès est énorme. Près de 6,7 millions de femmes pourront bénéficier de culottes menstruelles et de coupes menstruelles, ou « cups », remboursées à 60% pour les moins de 26 ans ainsi que pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S) sans critère d’âge.
« En permettant le remboursement des protections périodiques réutilisables pour les jeunes femmes et les plus vulnérables, nous faisons un choix clair : celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes. Cette mesure concrète, attendue depuis longtemps, marque une avancée majeure de notre modèle social, en soutenant à la fois le pouvoir d’achat et des pratiques plus durables », s’enthousiasme la ministre de la Santé, citée dans un communiqué.
Le fléau des Pfas
Si cette mesure représente « un acte concret pour l’égalité réelle », comme le salue Aurore Bergé, des zones d’ombre persistent.
Une fois mis en place, le dispositif s’appliquera sur les produits commercialisés dans les pharmacies. Si 60% des frais sont remboursés, les 40% restants devraient ensuite être comblés par les complémentaires santé. Or, 5 % des moins de 26 ans ne sont pas couverts par une mutuelle, s’inquiète Maud Leblon, directrice de Règles élémentaires, interrogée par le journal Libération. Le risque ? Que les produits remboursés concernés restent inaccessibles pour les plus précaires.
À cela s’ajoute un scandale sanitaire : les PFAS, les polluants éternels. En juillet 2025, une étude publiée dans la revue scientifique Environmental Science & Technology Letters montrait la présence de Pfas dans des protections menstruelles réutilisables. Sur les cinquante-neuf produits testés, dont onze provenant du marché européen, tous sont positifs aux Pfas.
L’alternative écologique des culottes et coupes menstruelles se révèle, elle aussi, dangereuse pour la santé. Alors même que l’objectif du gouvernement est d’« encourager l’usage de protections réutilisables, plus durables et plus respectueuses de l’environnement et non nocives pour la santé ». Dans Libération, Maud Leblon insiste : « Il y a aussi un enjeu de réglementation sur la composition, la fabrication, l’origine ». Encore une fois, la qualité des produits touchant à la santé féminine passe après les logiques commerciales.
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