Alors que les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina se rapprochent de l’objectif de parité, l’épreuve de combiné nordique reste réservée aux hommes. Les sportives font entendre leur colère.

Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina sont l’édition « la plus équilibrée de l’histoire en matière de représentation hommes-femmes« , se félicite le Comité international olympique (CIO). Après le succès des Jeux de Paris en 2024, avec 49,14 % de femmes parmi les athlètes, les JO d’hiver 2026, qui se déroulent du 6 au 22 février, comptabilisent 47% de femmes.
Lire : Match nul pour les JO et la parité
Mais pendant que le CIO se félicite des progrès vers la parité, des sportives sont encore interdites d’épreuves et sont contraintes de rester dans les tribunes pour regarder leurs confrères concourir.
« Mon rêve olympique m’a été arraché à cause de mon sexe »
Une épreuve reste réservée aux hommes : le combiné nordique, une discipline à la croisée du saut à ski et du ski de fond.
En 2026, la participation des femmes reste interdite. Pourtant, des femmes pratiquent ce sport à haut niveau. Une Coupe du monde féminine de combiné nordique existe même depuis 2021.
En 2022, une demande officielle a été déposée par la fédération internationale afin de l’intégrer aux Jeux de Milan-Cortina. La demande a été rejetée par le CIO. La raison ? Une faible audience lors de l’épreuve du combiné nordique, pas assez de nations représentées et le manque d’ancienneté des compétitions féminines en combiné nordique, se justifie le CIO.
À quelques mois des JO, en novembre 2025, la combinarde américaine Annika Malacinski s’est indignée sur Instagram. « Salut, je m’appelle Annika et mon rêve olympique m’a été arraché. Non pas à cause de mes performances mais à cause de mon sexe », écrit la sportive.
Alors qu’elle fait partie du top 15 mondial, elle est cantonnée aux gradins pendant que son frère cadet Niklas Malacinski participe à l’épreuve masculine des JO. « Ça me peine qu’Annika ne puisse pas être ici avec moi. Ça a vraiment été difficile, car je vis une expérience fantastique et ma sœur ne peut pas en profiter, ce qui est très regrettable », a confié ce dernier.
Annika Malacinski n’est pas la seule à revendiquer une participation féminin aux JO. La Française Lena Brocard le déplore également : « Regarder les Jeux devant la télé en me disant que j’aurais pu y être si je n’avais pas été une femme ça fait mal ». Interrogé par l’AFP, le Français Fabrice Guy, champion olympique en 1992, confie son inquiétude quant à l’avenir de cette discipline : « Sans femmes, que va-t-il advenir de ce sport ? ». Il ajoute : « On ne parle même pas des filles en combiné alors que c’est l’une des plus vieilles disciplines au monde. S’il n’y a pas les filles, il ne faut pas rêver, le combiné va disparaître ».
« L’égalité ne doit pas attendre quatre ans », déclarent à l’unisson de nombreuses combinardes sur les réseaux sociaux. Annika Malacinski a fait savoir qu’elle espère toujours pouvoir participer aux Jeux olympiques d’hiver 2030 dans sa discipline.
Objectif parité
Dans la Charte olympique, le CIO s’engage à « encourager et soutenir la promotion des femmes dans le sport, à tous les niveaux et dans toutes les structures, dans le but de mettre en œuvre le principe d’égalité entre hommes et femmes ». Et, à chaque nouveaux Jeux Olympiques en effet, été comme hiver, la proportion d’athlètes femmes et de disciplines mixtes augmente.
Avec 47% des athlètes sélectionnées, les Jeux d’hiver de Milan-Cortina battent un « record », avec une hausse de 1,6 % par rapport aux Jeux de Pékin en 2022. On part de loin : lors des premiers jeux d’hiver, organisés à Chamonix en 1924, seulement 11 athlètes sur 258, soit 4,3%, étaient des femmes. La seule épreuve à laquelle elles étaient autorisées à concourir était le patinage artistique. Les autres disciplines étant jugées trop dangereuses.
En 1991, le CIO rend obligatoires des épreuves féminines pour toute nouvelle discipline introduite. Résultat : en 2026, à Milan-Cortina, sur les 112 épreuves, 50 sont exclusivement féminines, contre 54 pour les hommes, et 12 sont mixtes. Cette année, huit nouvelles disciplines féminines ont été ajoutées à la compétition, dont quatre nouvelles épreuves féminines : les bosses en parallèle en ski acrobatique, le double en luge, l’épreuve individuelle sur grand tremplin en saut à skis et le sprint en ski-alpinisme. Autre évolution : pour la première fois aux Jeux d’hiver, les femmes concourent sur les mêmes distances que les hommes en ski de fond.
Lire : Le saut à ski féminin, enfin olympique
Au total, 12 des 16 disciplines (75 %) au programme sont même « parfaitement équilibrées en termes de nombre d’hommes et de femmes », précise le CIO. Une amélioration depuis l’édition de Pékin en 2022, où le ratio était de 10 disciplines sur 15.
À lire dans LesNouvellesNews.fr :
MATCH NUL POUR LES JO ET LA PARITÉ
L’ÉCUME DES JEUX : DES IMAGES POUR L’ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES
DERRIÈRE LES BEAUX JOP, PAS DE TRÊVE POUR LA VIOLENCE MACHISTE
JEUX OLYMPIQUES : L’ACCUEIL DES ENFANTS DES ATHLÈTES FAIT POLÉMIQUE
JO : LA MASCOTTE « CLITO-PHRYGIEN » QUI MET DE BONNE HUMEUR !
JO DE TOKYO : LA PRÉSIDENTE RALLUME LA FLAMME DE L’ÉGALITÉ DES SEXES.
SARAH OURAHMOUNE : « QUAND J’AI COMMENCÉ LA BOXE, LES COMBATS ÉTAIENT INTERDITS AUX FEMMES »
