À l’unisson, dans une tribune, les capitaines d’équipes de la Ligue féminine de football professionnel s’indignent de la « précarité structurelle » qu’elles subissent et réclament une convention collective. Un filet de sécurité essentiel pour le développement du football féminin.

Le foot féminin continue de passer loin derrière celui joué par les hommes. C’est le constat des capitaines d’équipes de Première et Seconde ligue de football féminin, qui ont signé une tribune dans le journal L’Équipe le 21 avril. «Nous sommes capitaines d’équipes professionnelles. Chaque semaine, nous portons un brassard. Celui de la responsabilité et du collectif. Aujourd’hui, nous n’en pouvons plus de nous taire », interpellent-elles. Ensemble, elles dénoncent les obstacles persistants à la pérennisation du football féminin. Leur revendication ? Une convention collective.
Mêmes contraintes physiques, mêmes risques mais pas les mêmes droits…
En 2024, une avancée majeure est franchie : la création de la Ligue féminine de football professionnel. L’étape suivante est la mise en place d’une convention collective, permettant de définir les droits et les protections auxquelles peuvent prétendre les joueuses. Trois ans plus tard : toujours rien.
Pourtant, les joueuses rappellent une réalité : « Nous pratiquons le même sport. Nous nous entraînons avec la même exigence. Nous faisons face aux mêmes contraintes physiques et aux mêmes risques ».
Ce retard est d’autant plus choquant que les ligues masculines ont obtenu la leur bien plus rapidement. « En quelques mois, le cadre d’une convention collective a été trouvé pour la future Ligue 3. Dans le même temps, les négociations pour le football féminin durent depuis plus de trois ans », précise la tribune qui dénonce un « décalage incompréhensible et qui n’est plus acceptable ».
« Pendant que le football masculin avance, on nous demande de patienter. Ce n’est pas une question de priorité. C’est une question de choix », soulignent les signataires.
« Une convention collective, ce n’est pas un avantage »
Dans leur tribune, les joueuses relatent les conséquences de l’absence de convention collective. « À Dijon, vingt ans d’engagement sportif sont en train de s’éteindre, faute de repreneur et de soutien suffisant, mettant les joueuses devant le fait accompli. Avant cela, c’était Soyaux, puis Bordeaux qui avaient disparu ».
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Les inégalités de moyens et les sacrifices d’équipes impactent fortement la pratique et le développement du foot féminin. « Ces situations ne sont pas des accidents. Elles révèlent une réalité que nous vivons toutes : dans le football professionnel français, les sections féminines sont trop souvent l’une des premières variables d’ajustement. Cette précarité structurelle a un nom : l’absence de convention collective. ».
Pourquoi une convention collective ne parvient-elle pas à voir le jour ? « Une convention collective, ce n’est pas un avantage. C’est une base essentielle : pour protéger la santé, encadrer les conditions de travail, sécuriser les carrières et faire vivre un véritable dialogue social », martèlent les joueuses. Jusqu’à présent, les négociations ont permis d’établir des conditions sur la protection de la maternité ou le maintien du salaire pendant 90 jours en cas de blessure, comme le relate L’Équipe. Mais la question du droit à l’image serait le point de divergence entre l’UNFP (union nationale des footballeurs professionnels) et Foot Unis, le syndicat des clubs.
« Une convention collective doit être signée avant le début de la prochaine saison, pressent les joueuses professionnelles avant de conclure : Parce que nous jouons le même football. Parce que nous méritons les mêmes droits ».
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