Loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, World With Women : ces deux temps forts de la rentrée pourraient faire basculer nos sociétés vers plus d’égalité entre femmes et hommes. Voici une sélection d’articles pour nourrir la réflexion, affûter les arguments et reprendre le combat dès la rentrée.
Fin juin, le Premier ministre a annoncé que la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles serait examinée au Parlement. C’est une avancée importante, mais seulement une première étape. Le texte pourrait encore être vidé d’une partie de sa substance ou être adopté sans les moyens indispensables à son application. C’est pourquoi la mobilisation, née dans la rue après l’affaire Lyhanna, se poursuivra chaque lundi à la rentrée.
Dans cet article, vous pourrez trouver des liens sur la (déjà) longue histoire de cette loi intégrale :
L’autre grand rendez-vous de la rentrée sera World With Women. Le 13 octobre, les femmes sont appelées à cesser toute activité, rémunérée comme non rémunérée, à l’image de la grève historique des Islandaises de 1975. L’objectif : rendre visible ce que les sociétés continuent d’invisibiliser et exiger un véritable partage du pouvoir. Aujourd’hui encore, les hommes représentent 89 % des chefs d’État, 94 % des dirigeants des grandes entreprises et 98 % des dirigeants des banques.
Nous avons montré, dans des éditoriaux consacrés aux incendies de cet été caniculaire, combien cette sous-représentation des femmes dans les lieux de décision nourrit aussi l’inaction climatique.
Ecologie et féminisme : même combat pour le vivant
Canicule : la charge écologique pèse lourdement sur les femmes
Débusquer le sexisme ordinaire
Vous trouverez aussi dans cette sélection d’articles du premier semestre 2026 de quoi débusquer et contrer le sexisme insidieux, infiniment plus redoutable et prolixe que le sexisme assumé. Avant de retrouver, en fin de sélection, quelques batailles gagnées, souvent au prix de mobilisations de longue haleine.
L’IA, nouvel accélérateur des inégalités
L’intelligence artificielle constitue un nouvel accélérateur du sexisme. Elle veut parfois réécrire nos articles en gommant leur approche féministe : Pourquoi je suis en froid avec l’intelligence artificielle. Et qui entrave certains combats : Invisibilisée, la Fondation des femmes met en demeure le groupe Meta
L’IA génère du cyberharcèlement qui fait taire des paroles féministes : Les violences contre les femmes journalistes en nette hausse… à cause de l’IA Résultat : Percée des idées masculinistes chez les hommes de la génération Z
Un sexisme que des Elues de la République doivent toujours affronter au Parlement : Des budgets d’hommes, « Des hordes de Brad Pitt » : ces députées qui ne laissent rien passer.
Ou au niveau local : « C’est comme les femmes, faut taper dessus » : le sexisme sévit toujours en mairie
Quand les médias fabriquent le sexisme
Les questions que posent, ou ne posent pas les journalistes peuvent renforcer ou amoindrir le sexisme : Rembourser les thérapies de couple ? Une question biaisée.
Ou encore : « Patrick Bruel n’a pas besoin de violer »… les autres oui ?
Idem pour les héros qu’ils choisissent : Mort d’Aldo Naouri : mémoire sélective et fabrique du sexisme
Le pouvoir, bastion masculin
Le sexisme s’exprime aussi par la surreprésentation des hommes dans les espaces de pouvoir et de visibilité. L’économie : Choose France, choose men : l’économie de demain avec les codes d’hier.
Ou l’art : Anne Bourrassé : « Dans les musées nationaux, on compte 6 % d’artistes femmes » .
Mais aussi : Jean-Marc Morandini condamné mais toujours à l’antenne sur CNews
Il prospère en ignorant les lois : Egalité professionnelle : la France retarde la transparence.
Ou en les « adaptant » Mixité au sommet des entreprises : quotas respectés mais le pouvoir reste un bastion masculin.
En toute hypocrisie : Femmes dirigeantes : les discours évoluent, les biais sexistes se renforcent
Il s’entretient aussi en invisibilisant l’abolitionnisme : Clients prostitueurs : discours sordides et excuses bidon Ou en évitant de faire trop de bruit autour de défaillances de l’Etat : Viol et « procédure bâillon » : la France de nouveau condamnée
Autre biais : la qualification des faits. Ici refuser de parler de terrorisme : Affaire Cédric Prizzon : le HCE demande la saisine du PNAT, le procureur antiterroriste dit non
Pour en sortir la tâche est immense : Contre le masculinisme : une bataille culturelle et politique à engager
Et les médias n’aident pas : Le mirage de l’égalité des sexes dans les médias s’éloigne
Des victoires
Heureusement, la justice évolue. Ce premier semestre :
Une loi pour en finir avec le « devoir conjugal »
Le Conseil d’État valide l’écriture inclusive : un point (médian) c’est tout !
L’Etat condamné pour avoir caché des messages féministes affichés par une librairie
Une femme obtient un poste important dans le 7ème art : Isabelle Huppert, présidente de la Cinémathèque. Un tournant féministe ?
Des championnes injustement méprisées obtiennent une victoire : Les pionnières du rugby féminin obtiennent enfin le coq français sur leur maillot
On laisse de moins en moins passer le sexisme :
Exhibition sexuelle à la piscine : la romancière Virginie Grimaldi brise l’injonction au silence
« Vous êtes responsables des morts qu’on aurait pu éviter »: Marie-Charlotte Garin hausse le ton
Certains hommes portent des discours forts : « Les violences faites aux femmes, c’est un problème d’hommes » Thomas Pesquet appelle les hommes à réagir.
Et : Mouvements masculinistes : au Sénat, des hommes appellent à rompre avec la neutralité face aux violences sexistes et sexuelles Des anti-#notallmen
Cette sélection est loin d’être exhaustive. Elle rappelle que les avancées n’arrivent jamais seules. Elles sont le fruit de mobilisations, d’enquêtes, de décisions de justice et de combats politiques. Des combats qui ne sont jamais définitivement gagnés.

